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 008018 021 023 024 025 026 027 Ecole de Nancy Cathédrale de Metz (1) PHOTOS 009 PHOTOS 010 PHOTOS 012 PHOTOS 014 PHOTOS 015 PHOTOS 018 PHOTOS 019 Vente Valence 17.10.13 20,5 cmsvV1

Paul Nicolas a été un exceptionnel Maître-Verrier de Nancy qui a marqué l’Ecole de Nancy. Après avoir travaillé avec Emile Gallé, il créé en 1919 son atelier qui sera situé dans sa maison, au 64 de la rue de la République à Nancy. Au plus fort de son succès, il a compté jusqu’à 12 décorateurs. 

En juin 2013, j’ai eu la chance de rencontrer Florence Nicolas sa petite fille qui vit à Paris. Fille de Jacques (dernier enfant de Paul Nicolas) et Colette Nicolas, elle n’a pas connue son grand-père mais très bien sa grand-mère. Lors de notre rencontre, j’avais le sentiment de vivre un moment extraordinaire. Je buvais ses paroles et je ne cessais de l’observer. Elle avait le regard de Paul Nicolas que j’ai pu découvrir sur des photos d’époque : claire, intelligent et honnête. Florence Nicolas voue son temps à faire connaître son grand-père, qui était d’un humanisme reconnu par tous.

Paul Nicolas est né en 1875 à Laval devant Bruyères dans les Vosges, en territoire annexé par l’Allemagne depuis 1871. En 1888, ses parents décident comme beaucoup d’autres de rester français et déménagent à Laxou.

Son père Jean-Pierre Nicolas, achète une propriété à Saint-Anne (quartier de Laxou) et fonde son entreprise d’horticulture. Ce qui était au départ un drame pour la famille, devient ainsi une opportunité : Nancy est à l’époque un creuset pour les arts et les sciences, avec le mouvement Art Nouveau.

Sa carrière :

Paul Nicolas est issu de l’École de Nancy. Elève d’Émile Gallé dont il rejoint l’entreprise en 1894, il crée en 1919 sa propre entreprise avec trois artistes de chez Gallé : Pierre Mercier, Emile Villemaux et Eugène Henri Windeck et le soutien des Cristalleries de Saint-Louis.

Il produit à contre-courant des goûts de l’époque, des verreries Art Nouveau proches des séries industrielles des Etablissements Gallé toujours en activités. Les blancs sont produits à Saint Louis, alors que la gravure à l’acide est exécutée à Nancy, dans son atelier.

Il signe d’abord ses productions « d’Argental », puis à partir de la fin des années 1920, de son nom, « P. Nicolas », en y ajoutant de temps en temps la mention « Nancy » et parfois la Croix de Lorraine.

Le style de Paul Nicolas évolue avec le temps. Les oeuvres signées « d’Argental » sont typiques de l’École de Nancy, puis s’en écartent progressivement, en particulier en témoignant de l’influence de l’art déco.

Les œuvres signées « P .Nicolas » qui sont donc plus tardives, témoignent de la recherche personnelle de l’artiste vers la stylisation, ainsi que vers des techniques mettant en valeur le cristal, seule matière sur laquelle il travaille jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Au sortir de celle-ci, ne pouvant plus se fournir en cristal à Saint-Louis, il travaille le verre jusqu’à sa mort en 1952. Il utilise au cours de sa carrière l’ensemble des techniques de travail du verre et du cristal : émaillage, gravure à l’acide, gravure à la roue, taille à la meule, applications à chaud, décor intercalaire…

De nombreuses récompenses émaillent la carrière de Paul Nicolas, dont les plus importantes sont une médaille de bronze à l’exposition universelle de 1900, en tant qu’employé d’ Emile Gallé, la médaille d’Honneur à l’exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925, la médaille de Meilleur Ouvrier de France en 1936 et la médaille d’or lors de l’exposition internationale des arts et techniques de 1937. Plusieurs de ses créations ont été offertes à des personnalités de l’époque : le Président Lebrun, la Grande-Duchesse du Luxembourg, le Bey de Tunis… . Une exposition au Musée de l’École de Nancy (6 novembre 2010-11 février 2011) a fait revivre l’homme et son œuvre, oubliés du grand public, sinon des connaisseurs, qui ont toujours reconnu en lui un artiste d’une très grande qualité et originalité. La ville de Laxou a présentée en 2017 dans sa médiathèque une magnifique exposition sur sa vie. Signalons pour être exhaustif que Paul Nicolas était également un dessinateur et aquarelliste de talent. Il a son diplôme des Beaux Arts de Nancy.

Paul Nicolas, élève d’Emile Gallé :

Passionné de botanique, Paul Nicolas parcourt inlassablement pendant ses loisirs les environs de Nancy à la recherche de champignons et de plantes pour ses herbiers, en particulier des orchidées, qu’il dessine ensuite. C’est grâce à cette passion de la botanique, mise au service de qualités de dessinateur exceptionnelles, que la vie professionnelle de Paul Nicolas prendra sa tournure définitive. En 1893, Emile Gallé fait passer une petite annonce dans plusieurs journaux pour recruter des dessinateurs et peintres sur verre. Paul Nicolas se munit d’un carton d’études et se présente avenue de la Garenne, où il est immédiatement embauché par Gallé qui voit tout de suite en lui de grandes capacités. Emile Gallé l’encourage à garder dans un premier temps ces autres métiers.

Paul Nicolas exerce alors un double métier juridique et littéraire : il devient juge de paix, puis Président du Tribunal pour enfants en écrivant dans de nombreuses revues et journaux locaux, comme critique d’art principalement.

Au sein des établissements Gallé, Paul Nicolas est initié à son futur métier de dessinateur, décorateur sur cristaux, à la pose de l’émail et du vernis et plus tard, de maître verrier, en passant par tous les services de la maison Gallé, y compris la Halle où il apprend à manier la canne.

Emile Gallé se prend d’amitié pour lui et pour son frère Emile, et les introduit dans les cercles de la vie intellectuelle, culturelle et artistique de Nancy, chef de file du mouvement Art Nouveau en France. En 1901, Emile Gallé lui demande d’être membre du comité directeur de l’Ecole de Nancy. Les deux frères rejoignent la franc-maçonnerie.

Paul Nicolas et son engagement politique :

Cet engagement va de pair avec les convictions et l’engagement politique de Paul Nicolas qui crée le 19 septembre 1902 la « fraternité républicaine de Laxou », d’obédience radical-socialiste, celle-ci présente des candidats aux élections municipales et le 15 février 1903 sont élus quatre nouveaux conseillers dont Paul Nicolas qui devient le plus jeune Maire de France à 28 ans.

Il se présente à nouveau en 1904 et est réélu à une très large majorité. Mais il démissionne en 1905 pour se consacrer entièrement à son épouse, Madeleine Lantche (le mariage a lieu le 25 avril 1905), à sa famille (ils ont successivement trois fils : Paul en 1907, Jean en 1911, et Jacques en 1926) et à son métier.

La première guerre mondiale, où Paul Nicolas est mobilisé dès le début, marque une coupure importante dans sa vie.

Paul Nicolas se met à son propre compte :

En 1919, il quitte l’entreprise Gallé avec trois autres artistes : Mercier, Villermaux et Windeck, pour créer sa propre entreprise : « les graveurs réunis » (cette association sera dissoute en 1923, les trois autres artistes retournant aux établissements Gallé). Il passe un contrat avec les Cristalleries de Saint Louis, qui lui fournissent les « bruts » sur la base de ses commandes, et il les travaille à son domicile, au 64 rue de la république à Nancy, dans son atelier. Pendant une année, il utilise la signature « Saint Louis Nancy », puis « d’Argental », accompagné en principe d’une croix de Lorraine pour distinguer sa production de celle des Cristalleries, qui utilisent également la signature « d’Argental ».

L’entreprise connaît un grand succès jusqu’à la crise de 1929, qui coïncide également la désaffection du public pour l’art nouveau. Il se sépare petit à petit de ses collaborateurs. Il parvient à produire son activité seul, en donnant une orientation stylistique nouvelle. Il ne reprend pas pour autant une production semi-industriel comme au début, mais participe à de nombreuses expositions où son savoir-faire et reconnu et récompensé par de nombreux prix. Sa production se termine jusqu’en 1952, avec une interruption lors de la seconde guerre mondiale.

Les œuvres qu’il produit de la fin des années 20 à la fin des années 30 sont les plus intéressantes sur le plan artistique de par leur originalité et leur technicité, ainsi que par l’utilisation de couleurs froides comme le vert et le bleu, assez peu usitées dans l’École de Nancy. Ces productions sont signées en général « P. Nicolas », avec ou sans l’adjonction de « Nancy » et parfois, mais très rarement, la date. Après la deuxième guerre mondiale, il se fournit en bruts chez Daum et utilise le four d’Amalric Walter, son ami le plus proche, pour cuire ses vases émaillés, tout en continuant à travailler certaines de ses pièces à l’acide et à la roue.

Paul Nicolas et ses enfants :

Jacques, dernier enfant de Paul et Madeleine est né le 5 décembre 1926. Il deviendra professeur d’histoire et de géographie. Ces 2 premiers enfants, Paul et Jean s’orientent vers des carrières différentes. Paul, ingénieur commercial à la SNCF et Paul, artiste comme son père, diplômé de l’Ecole des Beaux Arts de Nancy en 1930 dans la section gravure. Il travaillera au côté de son père jusqu’en 1934 et s’installera avec son épouse dans la Meuse en créant un atelier de poterie et de céramique. Paul Nicolas est très proche d’Antonin Daum et d’Amalric Walter avec lequel il collaborera étroitement. Ses enfants l’appellent « Oncle Amalric ». Célibataire et aisé financièrement, il promènera dans sa voiture Paul et sa famille dans de multiples excursions en Lorraine pour peindre et dessiner les plantes. En 1950, son dernier fils étant devenu matériellement indépendant, Paul Nicolas âgé de 75 ans cherche à prendre sa retraite et commence les démarches nécessaires et rendues difficiles par les différents statuts occupés au cours de sa vie.

Il meurt subitement le 21 février 1952, alors qu’il travaillait une pièce à décor de poissons émaillés. Ce jour-là, il reçoit la lettre d’acceptation de sa retraite … Il est inhumé au cimetière de Laxou avec ses parents dans la tombe Art Nouveau qu’il avait dessinée pour eux.

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