Emile BOURGEOIS (1832-1926) propriétaire du « Grand Dépôt » et éditeur reconnu (France)

Jules SARLANDIE pour le Grand Dépôt à Paris
Jules SARLANDIE pour le Grand Dépôt à Paris

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« Le Grand Dépôt » était un magasin du même catégorie que « l’Escalier de Cristal ». Il ne fabriquait pas, mais revendait des modèles correspondant au goût de sa clientèle qu’il trouvait dans des grands cristalleries françaises. Des catalogues permettaient de créer un style « Le Grand Dépôt » surnommé « Le Palais des Arts du Feu » pour inciter la clientèle de venir faire leur choix dans le magasin luxueux. Le grand initiateur de ce concept est Emile Bourgeois.

Alors qu’il venait de passer plusieurs années en Angleterre (de 1856 à 1860) où il avait pu étudier de près les ressources qu’offrait la branche du commerce, Emile Bourgeois revint en France, après la signature des traités de commerce (Gladstone, 1860), en tant que représentant des principales manufactures anglaises. Il fonda en 1862, au 21 de la rue Drouot (près des Grands Boulevards), à l’angle de la rue de Provence à Paris, un magasin, modeste d’abord, qui devait servir de débouché aux produits céramiques anglaises : « Le Grand Dépôt ».

Il ajouta ensuite des faïences et porcelaines françaises, avec des modèles exclusifs, exécutés d’après ses indications. L’exposition s’étendait sur trois étages. Emile Bourgeois participa à l’Exposition universelle de Paris en 1878. Il obtint en 1885 une médaille d’argent.

A la différence d’autres diffuseurs importants, « Le Grand Dépôt » n’a jamais disposé d’ateliers de fabrication. On pouvait trouver dans ces catalogues des créations d’Emile Gallé, des verreries de Vallerysthal, Auguste Jean et Frères Muller.  Les Cristalleries de Portieux (Vosges) ont exécutées des pièces créés par Emile Bougeois (illustrations au catalogue de 1886). Il en est de même pour la Cristallerie de Baccarat où y figuré sur des vases la signature à l’or au pontil « Bourgeois Déposé ».

Le catalogue de 1882 « Le Grand Dépôt » est un exemple de  ce qu’il doit figurer sur une table bourgeoise du XIX e siècle : des cristaux taillés à facettes au forme moins massives, des décors délicats et légers.

Magasins présents à Paris au 17, rue Drouot à ses débuts, aux 21-23 rue Drouot, au 78 rue de Turbigo, au 119 rue du Temple, aux 36 et 11 rue Etienne Marcel, au 15 rue Chauchat, aux 19 et 20 rue De Provence. A Marseille il était situé au 33 de la rue St Ferreol (voir photo signature ci-dessus). Emile Bourgeois possédait 100 hectares de vignoble en Algérie dont le vin médaillé alimentait les tables à Paris  (informations communiquées par son petit cousin Patrick Bourgeois).

En 1882, le Grand Dépôt du 21 rue Drouot à Paris proposé : des cristaux pour services de table, des faïences anglaises dites de Terre de Fer et les Majoliques de Minton, des services de porcelaine française …

En 1900, « Le Grand Dépôt » obtient une médaille d’argent à l’occasion de l’Exposition universelle.

Emile Bourgeois prit sa retraite en 1905, mais « Le Grand Dépôt » ne ferma qu’après la « Seconde Guerre mondiale ».

Texte d’époque sur le « Grand Dépôt »

« La Céramique et la Verrerie sont les seules spécialités du Grand Dépôt. Depuis plus de vingt ans, son administration s’est attachée à développer le goût et à vulgariser le beau. Initiée à toutes les difficultés de la fabrication, et guidée par une clientèle d’élite qui suit son programme, comme parfois elle sait le dicter, elle a obtenu des résultats si irréfutablement concluants, que, même en ce temps de crise, où l’essor des meilleures maisons semble paralysé, elle a dû s’agrandir, tant au point de vue de ses magasins,  qu’au point de vue des annexes, qui regorgent de tous les articles énumérés dans le Catalogue. Nous ne saurions trop recommander le splendide Album, édité par le Grand Dépôt. Le Grand Dépôt est enfin plus que le Musée brillant et unique, c’est aussi le quartier général des produits de cent fabriques, dont le nom fait autorité dans le monde industriel, et qui lui ont laissé le monopole de leurs chefs-d’œuvre. Administré avec une grande hauteur de vues, il est devenu l’un des établissements parisiens les plus courus, et son succès est d’autant plus louable qu’il a toujours été basé sur le constant respect du public ».

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