Archives mensuelles : juin 2019

Vase de François-Théodore LEGRAS à décor d’un château au bord d’un lac haut de 35 cm (France)

François-Théodore LEGRAS (1839-1916), vase en verre à décor émaillé d’un château en bord de lac. Signé. Hauteur : 35 cm. Estimation : 100 €.

François Théodore LEGRAS est né le 27 décembre 1839 dans le hameau de La Grande Catherine de la commune de Claudon, commune française, située dans le département des Vosges, région Lorraine. C’est un maître verrier de renom et de réputations mondiales, qui n’a pas toujours été reconnu par ses pères. Fils d’un modeste bûcheron, il devient le patron de la plus grande verrerie de France, avec 1400 ouvriers et 150 décorateurs .

Son enfance passée dans un tout petit hameau, en pleine nature, au cœur de la forêt de Darney, l’une des plus belles forêts de France, l’a vraisemblablement marqué et va devenir source d’inspiration pour ses créations axées sur la faune, la flore et surtout sur les paysages de forêts et lacustres.

Âgé de 20 ans, il entre comme commis dans des verreries proches de son hameau natal. C’est là qu’il apprend son métier. A 25 ans, il quitte ses Vosges natales pour aller travailler à la verrerie de la Plaine Saint-Denis quartier de la ville de Saint Denis proche de Paris où il est embauché comme commis de nuit. En 1867, il se marie avec Elise Constance Broissard, couturière, puis toujours la même année devient directeur de la verrerie, celle-ci ayant changée de mains.

En 1871, il fit alors construire une nouvelle usine moderne et une cité ouvrière qui au fil des années devint un ensemble industriel de près de 20 000 mètres carrés. Sans fortune, François-Théodore Legras a recours à des commanditaires et constitue une société dont il demeurera le seul directeur gérant responsable.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/21/francois-theodore-legras-1839-1916-le-destin-extraordinaire-dun-verrier-vosgien/

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Vase d’André DELATTE haut de 37 cm à décor lacustre avec paons (France)

André DELATTE (1887-1953), vase de forme tubulaire sur piédouche circulaire à haute panse à ouverture plate et circulaire. Verre multicouche brun et bleu à décor en révolution dégagé à l’acide de paysage lacustre avec un couple de paons. Signé sur le piédouche « ADelatte/ Nancy ». Hauteur : 37 cm. Estimation : 350 €.

André Delatte (né à Châtenois en 1887, mort en 1953 à Toulouse) est un industriel, maître verrier, fondateur en 1921 des Verreries de l’Est SA dont les ateliers fabriquaient des verreries artistiques de marque principale ADelatte Nancy, dans les styles Art Nouveau ou Art Déco.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/22/andre-delatte-1887-1953-et-ses-galinettes-france/

Vase de Charles SCHNEIDER modèle Azurettes haut de 21 cm (France)

Charles SCHNEIDER (1881-1953), vase de forme boule sur piédouche modèle « Azurettes » en verre gravé à l’acide à décor bleu sur fond bleu clair. Signé. Hauteur : 21 cm. Estimation : 800 €.

De la grande époque de la verrerie Art nouveau-Art déco (entre 1895 et 1935), le grand public retient surtout trois noms, Daum, Gallé et Lalique. Un quatrième, Schneider, plus discret, fait également partie de cette pléiade qui a pris son envol avec l’École de Nancy, lorsque les artistes, souvent lorrains ou alsaciens, se sont repliés sur l’autre versant des Vosges après la défaite de 1870, là où se trouvent, encore aujourd’hui, nombre de cristalleries de renom, Baccarat ou Saint Louis notamment. Une toute récente exposition permet de découvrir cette verrerie au style particulier, très appréciée par les amateurs et collectionneurs, de plus en plus nombreux, de cet art décoratif, aux cotes qui ne cessent de grimper.

Il y a Charles Schneider (formé chez Daum) l’artiste et son frère Ernest le gestionnaire, originaires de Lorraine, rachètent en 1913 une verrerie à Epinay-sur-Seine près de Paris, là où se trouvent les clients fortunés. Pendant la Grande Guerre, la verrerie fournit du matériel médical et dès l’armistice, connait un immense succès commercial : en 1925 elle compte plus de 500 salariés.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/24/charles-schneider-1881-1953-un-maitre-verrier-apprecie-outre-atlantique/

Lustre signé DEGUE de style Art Déco (France)

DEGUE (David GUERON (1892-1950)), lustre style Art Déco en verre moulé et monture métal. Signé. Estimation : 150 €.

En 1926, David GUERON (1892-1950) reprend une ancienne verrerie-cristallerie à Compiègne (Oise), spécialisée dans les flacons de parfumerie qui nomme : « SA Cristalleries de Compiègne ».  Il fonde la même année la « Verrerie d’Art Degué » au 63 boulevard Malherbes à Paris (fabrique) et acquière un local au 41 rue de Paradis dans le 10 ième arrondissement (magasin d’exposition),  afin de présenter avec une production de vases et luminaires aux couleurs vives et de qualité. Ce dernier sera déplacé au 52, rue de Londres à Paris.

Il s’inspire d’un style Art Déco des décors de Charles Schneider ce qui lui voudra dans poursuites judiciaires pour contrefaçon avec gain de cause par Schneider en 1932. Edouard Cazeaux est le directeur artistique de David Guéron.

La cristallerie produit également des verres, gobelets industriels entre 1934 et 1935. Elle a réalisée une commande de 6000 pièces pour le paquebot « Le Normandie » destinées à la décoration murale et lumineuse composée de dalles de verre taillées au burin.

C’est la seconde guerre mondiale qui mit un terme à la Verrerie d’Art Degué, David Guéron quittant la France en 1939 pour échapper aux nazis.

Les signatures : Elles sont signées pour la majorité « DEGUE » ou « GUE » dans un cercle. Mais également « GUERON » avec une variante un pointe dans le « O », « GUERON COMPIEGNE », « GUERON MADE IN FRANCE », « GUERON CAZAUX », « CAZAUX », « COMPIEGNE », « GUE » dans un cercle au dessus de « COMPIEGNE » ou « COMPIEGNE MADE IN FRANCE »

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Vase signé D’ARGENTAL par Paul NICOLAS à décor enneigé avec des biches haut de 25 cm (France)

Paul NICOLAS (1875-1952) D’ARGENTAL, vase de forme balustre en verre multicouche dégagé à l’acide de tonalité brune et jaune, à décor de paysage de neige animé de biches.
Signé. Hauteur : 25 cm. Estimation : 300 €.

Paul Nicolas a été un exceptionnel Maître-Verrier de Nancy qui a marqué l’Ecole de Nancy. Après avoir travaillé avec Emile Gallé, il créé en 1919 son atelier qui sera situé dans sa maison, au 64 de la rue de la République à Nancy. Au plus fort de son succès, il a compté jusqu’à 12 décorateurs. 

En juin 2013, j’ai eu la chance de rencontrer Florence Nicolas sa petite fille qui vit à Paris. Fille de Jacques (dernier enfant de Paul Nicolas) et Colette Nicolas, elle n’a pas connue son grand-père mais très bien sa grand-mère. Lors de notre rencontre, j’avais le sentiment de vivre un moment extraordinaire. Je buvais ses paroles et je ne cessais de l’observer. Elle avait le regard de Paul Nicolas que j’ai pu découvrir sur des photos d’époque : claire, intelligent et honnête. Florence Nicolas voue son temps à faire connaître son grand-père, qui était d’un humanisme reconnu par tous.

Paul Nicolas est né en 1875 à Laval devant Bruyères dans les Vosges, en territoire annexé par l’Allemagne depuis 1871. En 1888, ses parents décident comme beaucoup d’autres de rester français et déménagent à Laxou.

Son père Jean-Pierre Nicolas, achète une propriété à Saint-Anne (quartier de Laxou) et fonde son entreprise d’horticulture. Ce qui était au départ un drame pour la famille, devient ainsi une opportunité : Nancy est à l’époque un creuset pour les arts et les sciences, avec le mouvement Art Nouveau.

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Coupe en verre d’Auguste JEAN à décor floral haute de 6 cm (France)

Auguste JEAN (1830-1890), coupe à bordure en verre blanc festonnée et mouvementée. Décor floral interne peint et émaillé polychrome. Hauteur : 6 cm. Diamètre : 21 cm. Estimation : 300 €.

Auguste JEAN est né à Paris vers 1830. Fils de céramiste, il commence à être connu à partir de 1860 comme céramiste et décorateur de faïences fines avant de se tourner vers la verrerie d’art. Novice, il a apporté un bouleversement dans la technique des décors émaillés.

Ses premiers décors japonisants de vase sont peints aux émaux polychromes en haut relief et à l’or. Ils les réalisent sur des vases, coupes, corbeilles à base tripode et à corps penché.

Il les exécute à la Cristallerie de Clichy en cristal. Ses verreries sont remarquées pour la première fois à l’Exposition universelle de Paris de 1878 où il reçoit une médaille de bronze. Il propose des pièces de verre coloré de forme classique, mais compliquée par des saillies et des reliefs, obtenus par un travail de la masse vitreuse à la pince, à chaud, ce qui deviendra sa marque distinctive.

En 1885, il arrête toute production suite au rachat par de la Cristallerie de Clichy par celle de Sèvres. Inventeur inlassable, Auguste Jean a ouvert, grâce à la liberté et à l’invention de ces formes exubérantes, la voie aux recherches qui sont encore celles des verriers contemporains.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/02/15/auguste-1830-jean-precuseur-de-lart-nouveau-france/

Boîte d’Amalric WALTER à décor de marrons en pâte de verre (France)

Amalric WALTER (1870-1959), boîte en pâte de verre, à décor de marrons. Signée. Hauteur :  16,5 cm. Largeur : 18 cm. Estimation : 1 500 €.

Artiste talentueux mais trop modeste, Amalric WALTER est mort dans l’indifférence et a été totalement oublié par les biographes qui se sont surtout intéressés aux « Grands » de l’École de Nancy. Il reçoit une formation initiale de céramiste à la manufacture de Sèvres avant de s’installer à son compte.

Il expose des faïences décorées et des objets en pâte de verre. En 1905, il intègre la célèbre cristallerie Daum à Nancy et transmet son savoir-faire de la pâte de verre. Après la guerre de 1914-1918, il s’installe à son compte. Un texte officiel de 1926 à Nancy le déclare « créateur du procédé des pâtes de verre ». Il reçoit le diplôme d’honneur à l’Exposition universelle de 1900, et la médaille d’or aux Expositions de Nancy en 1909 et de Bruxelles en 1910.

Henri Bergé, verrier chez Daum lui fournit un grand nombre de modèles qui amorcent sa production personnelle. Sa carrière trouve son apogée dans les années 1920, marqués par un engouement autour des objets en pâte de verre. La cote de cet artiste est en hausse depuis quelques années.

La bijouterie Jacquot (1875-2015) de la rue des Dominicains de Nancy a rachetée en 1932 les ateliers et fours d’Amalric Walter avec un passif important.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/02/01/amalric-walter-1870-1959-artiste-talentueux-de-pates-de-verre-france/

Vase Emile GALLE à décor floral signé « Gallé Expos 1900 »

Emile GALLE (1846-1904), vase en verre multicouche de forme balustre à talon rond. Le corps central du vase est retravaillé à la meule pour former un décor de branchages en relief. Signé « Gallé » à la pointe au trait double et annoté « Expos 1900 ». Estimation : 60 000 €.

En 1874, son père lui confie la direction de son affaire. Il groupe à Nancy toutes les activités : faïencerie, verrerie, ateliers de dessins, de composition, de décor et de gravure. Le 4 avril 1875, il se marie avec Henriette Grimm (1848-1914) et s’installe au 2 avenue de Garenne  dans une grande maison construite en 1873 par son père. De style traditionnel, elle possède 3 étages et est entourée de jardins vastes et touffus.  En 1876, il cesse toute collaboration avec saint Clément.

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Vase à décor de lys des Frères DAUM haut de 31 cm (France)

Frères DAUM, vase à corps méplat et col épaulé et évasé en verre multicouche. Décor couvrant de lys, branches et feuillages de couleur violet nuancé sur fond moucheté blanc et ocre. Signature écusson « Daum + Nancy France ». Hauteur : 31 cm. Estimation : 2 000 €

La saga des Daum débute lorsqu’un notaire de Bitche, Jean Daum, ayant fui l’annexion de la Moselle après la défaite de 1870 achète une verrerie industrielle de Nancy en 1878, la verrerie Sainte-Catherine.

Ses fils, Auguste et Antonin, décident de se lancer dans la verrerie artistique et adoptent rapidement le style Art nouveau que Gallé a développé. De 1890 à 1914, les frères Daum vont mettre en oeuvre toutes les techniques verrières connues et en inventeront de nouvelles. Pas moins de 3000 modèles différents seront produits pendant cette période, du plus humble au plus sophistiqué. Les verreries Art Nouveau des frères Daum se reconnaissent entre toutes, à la fois par les techniques utilisées et leur style. Beaucoup, font partie des plus grands chefs-d’oeuvre de l’histoire du verre.

Les frères Daum ont employé plusieurs des plus grands noms du verre Art Nouveau : Jacques Gruber (1870-1936) a débuté à l’école municipale des beaux-arts de Nancy, puis suit l’enseignement de Gustave Moreau à Paris. De retour à Nancy en 1893, il enseigne à l’Ecole des beaux-arts tout en travaillant pour les frères Daum en tant que créateur de modèle. En 1897, il lance sa propre entreprise et devient, avec Louis-Comfort Tiffany à New York, un des plus grands créateurs de vitraux Art Nouveau. Jacques Gruber s’est aussi intéressé à d’autres matériaux comme le bois et le cuivre. Il quitte Nancy pour Paris en 1920 et adopte l’Art Déco.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/28/daum-un-style-depuis-1875/

Vase boule « Saint Germain » signé LEGRAS à décor d’éventail haut de 9 cm (France)

François-Théodore LEGRAS ( 1839-1916), vase boule « Saint Germain » à fond granité bleu clair, à décor gravé à l’acide et émaillé d’éventail. Signé. Hauteur : 9 cm. Estimation : 110 €.

Lorsqu’elles existent, les signatures peuvent varier : « L » associée à « Saint Denis » ou « MONT JOYE L-C » ou « MONT JOYE L et C ». En 1909,  son neveu et collaborateur de toujours  Charles devient responsable et gérant jusqu’en 1919. Les signatures sont alors soit « Legras », soit « Pantin », soit encore « Legras SD », « Sargel », « SARGEL SD »,  « Leg », « Leg. », « SD », « St Denis », « LCie ST DENIS PARIS », « Déposé », « DEPOSE », « INDIANA LC », « LC », « MONTJOYE SD », « MONT JOYE SD A. HEILIGENSTEIN », « MONTJOYE SD aug. heiligenstein », « ST DENIS Seine », « SN 253 » ou « JEM ».

A partir de 1919, c’est son autre neveu Théodore qui reprend l’affaire jusqu’en 1928. Auguste Heiligenstein maintien la production jusqu’en 1930. Entre temps elle est rachetée par le groupe « verrier lyonnais Souchon-Neuvesel » qui conservera le nom de Legras. En 1925, le groupe cède l’usine vieillissante à la « verrerie et Cristallerie des Quatre Chemins » au parfumeur François Coty.

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