Archives pour la catégorie Cristalleries Françaises

VERLYS (1925-1946) une marque française de la société Holophane (France)

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VERLYS (1925-1946) est associé à la société Holophane (verrerie des Andelys – Hanots).

C’est une verrerie d’art pour la table et objets de décoration. La création de la marque VERLYS provient de la contraction de VERrerie des AndeLYS) Cette production artistique était composée de plusieurs centaines de pièces différentes. Les divers catalogues que nous connaissons témoignent de la qualité et de la diversité des pièces fabriquées : vases, coupes, sujets animaliers, religieux…

La marque Verlys trouva ses lettres de noblesse dans de grandes expositions aux côtés de verreries de chez Lalique – Etling – Sabino … et ne tarda pas à attirer de grands verriers. La signature de ces pièces était gravée soit dans la poche, soit sur le noyau du moule. La même pièce pouvait avoir des couleurs différentes, néanmoins référencée dans un catalogue. Cette production artistique était malheureusement peu rentable pour la société Holophane.

La fabrication Verlys fut donc abandonnée vers 1946 au profit de celle des glaces de phares. Dans les années 1970, la direction de la Société a permis quelques retirages de ces verreries afin de récompenser des manifestations sportives et autres, mais les moules étaient souvent usés et laissaient apparaître des défauts : signature illisible, craquelures, finition laissant à désirer… et les couleurs n’étaient pas toujours celles référencées au catalogue.

A noter également que la société ne disposait plus de verre de couleur vers la fin des années 1990. Ce lien vous permettra de découvrir une information complète sur la société Holpohane.

http://jlumstreet.free.fr/cariboost_files/livret_expo_holophane.pdf

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Cristalleries de Sèvres fondées par la Marquise de Pompadour en 1750 (France)

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Fondée en 1750, les Cristalleries de Sèvres ont un savoir-faire dans le travail du cristal hérité des maîtres du XVIIIème siècle. L’ancienne verrerie de Chaillot (Paris) fut déplacée en 1725 à Sèvres, sur un terrain appartenant au Duc d’Orléans.

Les différentes collections estampillées Cristal de Sèvres de verres reflètent une exigence de qualité exceptionnelle, digne de la réputation d’excellence de l’établissement.

Créée durant les plus belles heures du XVIIIème siècle, la Verrerie Royale de Sèvres a pour fondatrice la Marquise de Pompadour. Mécène éclairée, Madame de Pompadour souhaite obtenir des pièces équivalentes aux fameuses créations en cristal de Venise. Plus tard, l’établissement se démarque par la qualité haut de gamme de ses articles : il est à l’origine, sous Charles X, des célèbres opalines qui deviendront les joyaux de l’Empire, ou de pièces montées en or et vermeil, présentées à l’Exposition Universelle en 1878.

En un siècle et demi, Cristal de Sèvres et ses verres luxueux ont définitivement conquis les passionnés d’art de la table à la française : l’esthétique dans l’air du temps des pièces produites et leur élégance intemporelle s’ajoutent à un travail du cristal sans équivalent. Les différentes séries Cristal de Sèvres de verres de table partagent un aspect raffiné, sublimé par la transparence toute en subtilité du cristal employé. Le matériau, patiemment travaillé par des maîtres verriers très qualifiés, soucieux de garantir une finition irréprochable au cours des différentes étapes de la conception de la vaisselle.

Le Magasin des Cristalleries de PORTIEUX vous accueille toute l’année avec un choix de pièces fabriquées et réalisées à la main (France)

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Le Magasin des Cristalleries de Portieux est situé entre Epinal (30 kms) et Nancy (50 kms), voie rapide N57>direction Ramberviller. Très bon accueil. Informations  03 29 67 42 22.

Depuis le 1er  novembre 2014, l’Ecomusée est ouvert : 3 € adulte, 1.50 € enfant de 10 à 16ans, gratuit – de 10 ans et pour les groupe à partir de 10 pers. 2 €/pers.

Le magasin est ouvert du lundi au samedi 14 h à 17 h 30 et du mardi au vendredi de 10 h à 12 h. Fermé le dimanche.

La Cristallerie de CLICHY (1842-1932) connue pour ses boules presse-papiers (France)

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La Cristallerie de CLICHY (1842-1896) doit sa notoriété à la soudaine vogue des boules presse-papiers décorées de filigranes et de bonbons « millefiori » multicolores, production dans laquelle elle se lança en 1846-1847 à la suite des cristalleries Saint Louis et Baccarat. Les chimistes Amédée Maës et Clémandot étaient à la tête de l’entreprise.

Les connaissances scientifiques de Louis Clémandot, le directeur de la cristallerie, et les contacts qu’il entretient avec les grands chimistes de cette époque, conduisent la manufacture à rompre avec les habitudes verrières traditionnelles au profit de la recherche de techniques et de matières premières originales pour mettre au point de nouvelles compositions de cristal et de coloration.

Ils ont introduits d’importantes innovations dans les procédés de fabrications, améliorèrent la qualité et l’éventail des produits. La cristallerie devient la plus importante de France pour les verres de couleur. La luminosité et la beauté des couleurs de Clichy ne furent jamais égalées comme en témoignent ses boules presse-papiers et les autres créations de la même époque à base de cristal à la baryte.

La Cristallerie de Clichy compte plus de 300 ouvriers dans les années 1860 et devient la troisième cristallerie française après Baccarat et Saint Louis.

En 1869, les 2 fils de Amédée Maës : Georges et Amédée reprennent la direction de l’entreprise. Elle devient société Maës frères. Elle cesse toute activité en 1871 pendant la guerre franco-prussienne. A la reprise, la cristallerie se spécialise dans les services de table : services à liqueur, « verres mousselines » avec des décors taillés et gravés de grande qualité.

En 1881, Amédée Maës pour des raisons familiales et financières décide de louer la cristallerie à celle de Sèvres en accord avec son frère. La vente forme en 1889 : les Cristalleries de Sèvres et Clichy réunies. A partir de 1890, on ne parle plus que de Cristallerie de Clichy.

Vers 1896, l’activité est fort ralenti suite aux difficultés économiques et un incendie. Elle se poursuit jusqu’en 1932 avant d’être absorbée par les Cristalleries de Choisy le Roi.

Les objets fabriqués à la Cristallerie de Clichy ne sont pas signés mais étiquetés. Certains millefiori sont signés dans la masse. Sur les presse-papiers, la marque est reconnaissable : « rose de Clichy ». Les modèles de signatures portent l’indication « Clichy » utilisés après 1895.

La Cristallerie de VANNES LE CHATEL a été créée en 1765

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Histoire de la Cristallerie de Vannes le Châtel :

La comtesse de Mazirot de Reims créée la verrerie en 1765, désireuse de valoriser l’exploitation de bois qui lui appartenait. Elle s’en sépare dès 1788, au profit de Nicolas Griveau.

L’entreprise ne prend véritablement son essor qu’à partir de sa reprise par Jean-Baptiste Schmid. Fils de Michel et Catherine Raspiller, il quitte la verrerie alsacienne du Hang pour créer avec son beau-frère Jacques Bonhomme, celle de Clairfontaine dans les Vosges en forêt de Darney, d’où son neveu Melchior part pour affermer en 1798 celle de Vannes-le-Châtel ( Meurthe-et-Moselle). De 1823 à 1987, la verrerie est propriété des familles Schmid et Bourbonneux, propriété exclusive de la famille jusqu’en 1970 où se fait la fusion avec les verreries de Vallérysthal et Portieux, et celles de Bayel et Fains.

 

La Compagnie  Française du Cristal :

La verrerie de Vannes devient la Compagnie Française du Cristal (C.F.C) puis intègre Daum sous le nom de C.F.C Daum. A l’origine, fabrications ordinaires, non signées, puis passage progressif du verre au cristal entre 1962 et 1964. Commercialisation sous la marque « Cristal de Sèvres » à partir de 1970, et « Daum » à partir de 1980.

 

Les Techniques de production :

D’abord des fours à bois de 1765 à 1859 avec production d’un verre ordinaire. Viennent ensuite les  fours à houille de 1860 à 1946, puis au fuel jusqu’en 1991 et enfin, au gaz naturel et à l’électricité. En 1979 arrivé des fours à fusion continue. En 1840, il y avait 340 verriers, maximum en 1960 soit 680 verriers.

La dure période de la guerre 1939-1945 :

Détruites en 1940, l’usine interrompt sa production: entre 1940 et 1945, faute d’ouvriers, tous en captivité, et manque de charbon en raison des besoins de la guerre.

Le Centre Européen de Recherche et de Formation aux Arts Verriers :

Au village de Vannes se trouve un Centre Européen de Recherches et de Formation aux Arts Verriers. Une cité ouvrière héberge les ouvriers verriers sur place. Le centre propose des formations longues ou courtes de souffleurs, graveurs, vitraillistes, Compagnons. C’est un lieu de création contemporaine renommé. Une salle d’exposition et de vente propose quelques pièces originales. On peut y venir voir travailler les souffleurs de verre dans les ateliers. Un superbe spectacle !

CERFAV
4 rue de la Liberté 
54112 Vannes-le-Châtel
03 83 25 49 90

La Compagnie des Verriers :  rue de la liberté 54112 VANNES LE CHATEL
boutique 03 83 50 18 43 –
hébergement et restauration 03 83 50 18 42
production 03 83 25 49 92

cdv@idverre.net
www.compagniedesverriers.com

Veramé (Verrerie d’Art de Metz) la mystérieuse

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Pas facile de trouver des informations sur la Verrerie d’Art de Metz, plus connu sous la signature Veramé. Elle a produit dans la région de Metz (Moselle) des vases, bonbonnières, coupes, lustres et services à orangeades…

Les techniques de réalisations sont : gravure à l’acide, décor à froid, émaillage à chaud et taille, ce qui permet de croire qu’elle proposait un catalogue de pièces variés et accessibles. Les vases fumées étant les plus courants.

Si vous possédez des informations sur Veramé, n’hésitez pas à nous les communiquer.

http://verame.fr/Verame/Accueil.html

 

Auguste HOUILLON (1885-1954) graveur du cristal au burin

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Auguste HOUILLON (1885-1954) :

Auguste HOUILLON est né en 1885 à Baccarat. Il rentre à 13 ans dans la célèbre cristallerie de sa ville de naissance. Il fait des études de dessin dans l’école de la manufacture. Après verrier, tailleur de cristaux puis graveur, il est affecté au service artistique avant la première guerre.

Il entre en 1921 à la Cristallerie de Nancy en tant que directeur artistique. Il produira un important et varié catalogue de pièces fourni par 500 employés. Auguste HOUILLON n’abandonne pas sa passion pour la sculpture avec une production importante de sculptures en terre cuite, bois, bronze. Il sculpte également le cristal au burin. Il est très ami avec Amalric Walter. Il conçut ainsi de nombreuses pâtes de verre. Il a réalisé également des peintures.

Après la fermeture de la Cristallerie de Nancy, il se consacra à la sculpture et rejoint une cristallerie fondée à Lemberg en 1925, suite à un conflit avec Saint-Louis.

Elle avait prospérée jusqu’à compter plus de 200 ouvriers malgré des temps difficiles. En 1937, cette cristallerie offrit à Auguste Houillon, distingué la même année « Meilleur ouvrier de France » pour ses gravures de cristaux au burin, le poste de directeur artistique tout en lui laissant sa liberté d’artiste.

Il mourut en 1954 à Nancy. On gardera de lui un savoir-faire dans la technique de gravure au burin du cristal.   

Cristalleries de NANCY (1920-1935) la discrète

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Ensemble comprenant porte d’entrée et rampe d’escaliers des anciennes Cristalleries de Nancy réalisé par Jean PROUVE (1901-1984) vers 1927/1928.V3V7VV4V7 V V1 V2 V3 V4 ??????????????????????????????? V9+Cristalleries de Nancy objet publicitaire 1OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Cristalleries de NANCY (1920-1935) :

A la fin de la guerre 14-18, Daum et Gallé demeurent les deux seules verreries à Nancy. Celle d’Emile Gallé, auquel sa veuve a succédé jusqu’en avril 1914, est plus ou moins dirigée par son gendre Paul Perdrizet. Depuis qu’ils ne bénéficient plus de génie créatif d’Emile Gallé, les ateliers d’art vivent sur leur passé.

Malgré la présence des verreries Daum et Gallé, certains entrevoient la possibilité de gains sur un marché à reconquérir et à une demande croissance. Ainsi quelques hommes d’affaires nancéens se réunissent (Bayet, Krug, Simon, Jacquemin, Perdrizet) pour créer en 1920, les Cristalleries de Nancy. Elle s’installera devant chez Daum au 88, rue du faubourg Saint Georges à Nancy.

Elle recruta près de 600 personnes dont le talentueux nancéen Auguste Houillon comme directeur artistique. Elle sera spécialisée dans la fabrication de flacons de cristal taillé pour la parfumerie de luxe, car les besoins en France et à l’étranger (notamment en Amérique) sont considérables.

Le 27 janvier 1921, la fabrication débute. Le catalogue commercial était impressionnant par sa variété. On pouvait y trouver de nombreux pièces en verre, en cristal, incolore ou doublé de couleur, fait à la main, mais aussi plus de 25 vases, garnitures de toilettes .

Des motifs floraux, Art Déco ou géométrisants côtoyaient les pièces aux tailles classiques à côtes plates ou en creux, gravées à l’acide, en relief et à la roue.  Aristide Colotte y travailla un an aux projets de modèles. Des créations artistiques originales, numérotés ont été produites avec le peintre lorrain Michel Colle (1872-1949).

Elle fut la première victime de l’industrie du verre en Lorraine lors de la crach de Wall Street de 1929. Sa faillite fut déclarée en 1931 et sa liquidation fut achevée en 1935. Les frères Daum rachètent une partie des équipements.

Les pièces sont signées : « CRISTAL C (Croix de Lorraine) N NANCY », « CRISTAL (Croix de Lorraine) NANCY FRANCE », « C (Croix de Lorraine) N », « GUERYCOLAS », « EDITIONS D’ART DES CRISTALLERIES DE NANCY OEUVRE DE MR CLAUSE TIRAGE A 100 EXEMPLAIRES « , « NANCY » et « NS CLAUSE ».

Le Verre HARCOURT de Baccarat, l’art de la table à la Française (France)

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Verre Baccarat Harcourt 1841 Happy Hours 73 €
Verre Baccarat Harcourt 1841 Happy Hours 73 €
Verre Baccarat Harcourt Louis Philippe 375 €
Verre Baccarat Harcourt Louis Philippe 375 €
Service à Caviar Baccarat 4 100 €
Service à Caviar Baccarat 4 100 €
Flûte à Champagne Baccarat Harcourt Empire 260 €
Flûte à Champagne Baccarat Harcourt Empire 260 €
Gobelet Baccarat Harcourt 1841 140 €
Gobelet Baccarat Harcourt 1841 140 €

Pur, puissant et élégant à la fois, campé sur son pied hexagonal, le plus célèbre des verres de table en cristal à côtes plates fut inspiré au début du XIXe siècles aux maîtres verriers de Baccarat par le verre Talma, préféré de Napoléon Ier et devra a posteriori son nom à Pauline d’Harcourt qui l’avait choisi en 1824 pour son mariage et apparaîtra au catalogue un siècle plus tard, en 1928.

Entre-temps, le verre Harcourt était devenu un classique, et se sera invité à la table de la grande bourgeoisie comme des cours d’Europe. Ambassadeur du goût français, il sera de tous les banquets officiels, notamment utilisé à la présidence de la République pour les grands repas donnés hors de l’Elysée.

Du Vatican au Brésil via quelques royautés exotiques, le verre Harcourt brille d’un éclat particulier. En 2002 quelques designers – les Tsé-Tsé, Inga Sempé, Vincent Dupont-Rougié… n’hésitent pas à transformé l’icône de la cristallerie de Baccarat en série limitée, des créations collectors aujourd’hui – puis en 2005 Philippe Starck le « glamourise » en imaginant le célèbre verre en cristal onyx. Harcourt n°3 est né et avec lui une véritable légende.

Que justifie de tels prix ?

Quotidiennement lors de la fabrication,  il est jeté 30 % à 50 % des pièces réalisées. C’est l’exigence de la maison Baccarat pour avoir des produits parfaits sur le marché. Pour réaliser un verre Harcourt vendu 190 € il faut 30 personnes différentes et 10 heures pour le réaliser. Tout ce travail peut justifier un tel prix.

A découvrir le site Baccarat Art de la Table : http://www.baccarat.fr/

A découvrir également : https://www.vessiere-cristaux.fr/categorie-produit/verres-en-cristal/

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250 ans en 2014 !!!!

Histoire de la Cristallerie de BACCARAT :

De 1764 à 1816 :

En 1764 le roi Louis XV donna la permission de fonder une verrerie d’art dans la ville de Baccarat dans la Lorraine à l’évêque de Metz Louis-Joseph de Montmorency-Laval (1761-1802).

Après la fermeture récente des salines, une grande quantité de bois jusqu’alors apporté par flottage à Baccarat devenait disponible. Le propriétaire de la forêt d’où venait ce bois (Monsieur de Montmorency-Laval, alors évêque de Metz) désirait leur trouver un autre usage et cherchait à faire créer à Baccarat une usine à feux. Cela aurait pu être une forge s’il y avait eu du minerai de fer sur place, ou une faïencerie, mai on lui préféra néanmoins une verrerie. La justification donnée à la création de cette entreprise dans une requête faite au Roi en 1764 par le propriétaire du site, Monseigneur de Montmorency-Laval est « Sire, la France manque de verrerie d’art, et c’est pour cela que les produits de Bohême y entrent en si grande quantité : d’où il suit une exportation étonnante de deniers, au moment où le royaume en aurait si grand besoin pour se relever de la funeste guerre de Sept Ans, et alors que depuis 1760, nos bûcherons sont sans travail ».

La vaste enceinte de la Compagnie des Cristalleries de Baccarat se confond alors rapidement avec presque toute le petite ville de Baccarat. La production consistait à la fabrication de carreaux à vitre, mais aussi de miroirs (argenté au mercure) et de services de verre. En 1785, l’usine est devenue la troisième plus grande verrerie d’Europe, seulement concurrencé par la cristallerie de Saint-louis et la cristallerie de Saint-Quirin.

Après la Révolution Française, l’entreprise périclita jusque sa faillite en 1806, date à laquelle elle fut vendue aux enchères à un négociant de Verdun. Les activités de la Verrerie continuèrent ensuite avec difficulté jusque 1816.

En 1816, la Verrerie fut rachetée par l’industriel franco-belge Aimé-Gabriel d’Artigues (1773-1848), déjà propriétaire des Cristalleries de Vonêche en Belgique, ce qui lui permet de retrouver une clientèle française sans avoir a payer de taxes d’importation, car Vonêche venait de quitter le royaume de France pour la Belgique. En échange de son investissement en France, d’Artigues obtient le droit d’importer 10 000 quintaux de « cristal brut » à tailler et ciseler en France, mais il a en contrepartie deux ans pour (re)lancer à Baccarat la production d’au moins 10 000 quintaux de cristal par an1. Le premier four à cristal commença à opérer à cette époque et jusqu’à 300 personnes étaient employées sur le site.

L’ancienne « Verrerie Saint-Anne » devint ainsi une Cristallerie sous le nom de « Établissements de Vonêche à Baccarat ». Ce fut le début de la prestigieuse ascension des Cristalleries de Baccarat.

De 1817 à 1870 :

Bien que l’intitulé de la raison sociale de l’usine soit encore « Verrerie », elle est en fait déjà spécialisée dans le cristal1 qui provient encore en Europe surtout de Bohême (Cristal de Bohême).

L’entreprise embauche mais peine à rentabiliser sa production puis se trouve en difficulté financière.

Son vrai démarrage date du rachat (pour la somme de 396 000 F) des parts trois associés (Pierre-Antoine Godard-Desmarets, François-Marie- Augustin Lescuyer, propriétaire à Charleville, et Nicolas-Rémy Lolot, négociant à Charleville), en 1822/1823 par un parisien fortuné, Pierre-Antoine Godard-Desmarest qui achète aussi cette même année dans la Thiérache du nord de la France la verrerie de Trélon, petite usine proche de vastes forêts très productives en bois, et qui produisait jusqu’alors du verre à vitre (Dans l’ombre de la première, elle produira du cristal de 1826 à 1874 pour le compte de Baccarat). En 1824 la cristallerie obtient le statut légal de Société anonyme.

Godard-Desmarest confie la direction de la société à un jeune Polytechnicien, Jean-Baptiste Toussaint. De cette décision date la naissance de deux dynasties familiales, l’une possédant le capital de la société, et l’autre dirigeant l’entreprise.

Baccarat reçut sa première commande royale en 1823 du roi Louis XVIII. Ce fut le début d’une longue série de commandes pour les familles royales et chefs d’état de toute la planète. Ce fut également une période de forte croissance internationale.

En 1855 Baccarat gagna sa première médaille d’or à l’exposition universelle de Paris.

Baccarat dépose à partir de 1860 sa marque déposée sur ses pièces (La marque était alors une simple étiquette collée sur les pièces).

La production de cristal prit son ampleur durant cette période dans la cristallerie de luxe, où Baccarat s’est construit une réputation mondiale en fabriquant des verres au plomb de très grande qualité, des chandeliers, des vases et des flacons de parfum.

De 1870 à 1936 :

L’ère impériale s’acheva en 1870 avec la défaite de Napoléon III. Les échanges extérieurs à la France commencèrent à avoir une plus grande influence sur le travail de Baccarat, particulièrement les importations du Japon.

Une forte croissance continua en Asie pour Baccarat, la manufacture pouvant y répondre par la mécanisation de certaines étapes de la fabrication. En 1891, 4 189 des 5 723 habitants travaillaient à la cristallerie ou vivaient avec des employés de la Cristallerie. Elle passe de 1 125 ouvriers en 1855 à 2 223 en 1900, ce qui faisait d’elle une des grandes usines françaises.

Fin XIXe siècle la maison Baccarat fait construire un dépôt, magasin de vente et atelier de bronze au sud de l’enclos Saint-Lazare, rue de Paradis-Poissonnière, actuelle rue de Paradis à Paris, aux nos 30 et 30bis. Ce dépôt comptait 246 employés en 1899. Ce bâtiment deviendra par la suite musée Baccarat jusqu’en 2003 et hébergera un temps la Pinacothèque de Paris à partir de 2003.

Un des marchés les plus forts pour Baccarat était les flacons de parfums, en 1907 la production était de plus de 4000 flacons par jour.

En 1936, Baccarat signe toutes ses pièces à l’acide ou au sablage.

Les cristalleries sont dirigées depuis 1868 par Paul Michaut, qui a été sous-directeur, administrateur-adjoint, puis administrateur-directeur, à la suite de son mariage avec la fille de jean-Baptiste Toussaint. Lui a succédé en 1883 son fils Adrien Michaut, qui a dirigé la compagnie jusqu’à son décès en 1936. Un autre de ses fils, Henri Michaut, a été administrateur et sénateur.

Paul Michaut a imprimé de sa forte personnalité les destinées de la compagnie, surtout à partir des années 1870, en ce qui concerne les transformations industrielles et les règles sociales, fondées sur un « ordre social » paternaliste et catholique, méfiant à l’égard des initiatives sociales antérieures. Son fils est à l’origine de la fondation d’une crèche (1895), d’un système de protection sociale combinant prévoyance et épargne, d’un fonds de chômage. La compagnie a d’ailleurs reçu un prix en 1889 lors de l’exposition sociale de 1889.

Depuis 1936 :

Baccarat créa une filiale américaine en 1948 à New York. En 2005 il existait 13 magasins aux États-Unis. Une rétrospective fut tenue en 1964 au Musée du Louvre pour célébrer le 200e anniversaire des réalisations en cristal. En 1994 Baccarat réalise un gigantesque lustre en cristal de 230 lumières pour son 230e anniversaire.

En 1993 Baccarat se mit à la bijouterie et en 1997 étendit son activité dans la parfumerie. En 2005, le célèbre designer Philippe Starck dessine une collection spéciale « noire » : Darkside, dont le lustre Zenith.

Verre Harcourt :

Harcourt est une collection de verres de table en cristal de la maison Baccarat. Créée en 1841, elle se distingue par une ligne simple et la mise en valeur de la forme et porte le nom de « forme gondole à triple bouton ». C’est à l’occasion de l’exposition internationale de 1925 que la collection change, comme beaucoup d’autres chez Baccarat, de nom, celui d’Harcourt, faisant référence à l’une des plus vieilles famille noble française. Ces verres sont présents sur la table de Napoléon III puis des dîners présidentiels, d’ambassades et même du pape. À partir de 2002, des designers revisitent les verres Harcourt, comme Philippe Starck qui les noircit. Pour les 170 ans de la ligne, Baccarat les décline avec des médaillons représentant Louis XV et son épouse Marie Leszczynska (le roi ayant autorisé la création de la manufacture Baccart).

Actionnariat :

En 1853, Mlle Godard-Desmarest, la riche héritière des cristalleries épouse Joseph, Dominique, Aldebert de Chambrun, philanthope inspiré par les idées de Le Play, qui n’a pas réussi à convaincre la direction de la société de suivre ses recommandations, jugées trop hardies, mais finança l’agrandissement de l’hôpital de Baccarat qui recueillit ses ouvriers les plus atteints (tuberculose, saturnisme des minionneurs, graves accidents du travail). La société restera dans la famille de Chambrun jusqu’en 1989 lorsque la Fondation Josée et René de- hambrun auquel René de Chambrun avait apporté ses actions céda au groupe Taittinger une part majoritaire du capital. Elle sera alors présidée par Anne-Claire Taittinger jusqu’en 2005.

Le groupe Taittinger céda son capital en juillet 2005 au fonds d’investissement américain Starwood Capital Group des frères Barry et Russell Sternlicht. Barry Sternlicht est l’actuel président de Baccarat.

En juin 2007, la Fondation de Chambrun et la Fondation Cognacq-Jay cédèrent respectivement 33 % et 1 % du capital de la société à Starwood Capital Group.

À septembre 2011, le capital est réparti de la manière suivante: