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DAUM, un style de vie depuis 1878 (France)

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Avant d’appartenir à la famille DAUM, la Verrerie de Nancy a été fondée par Guillaume Avril et Victor Bertrand, deux verriers respectivement propriétaire et directeur de la Verrerie des Trois Fontaines dans la région de Sarrebourg. Spécialisé dans la fabrication des verres de montre et des bobèches (une bobèche est une tasse ou un anneau au sommet d’un chandelier, utilisé pour attraper de la cire fondue coulant sur le côté de la bougie), cet établissement était lié avec la manufacture de Vallérysthal pour l’approvisionnement en matières premières.

Afin de mettre fin à cette dépense, Guillaume Avril construit en 1872 sa propre entreprise à Nancy et charge son associé et gendre de ce projet. Faute de fonds, ils s’associent avec les frères Villaume pour édifier la verrerie. L’autorisation préfectorale est délivrée le 13 février 1874. La Verrerie de Nancy (ou Verrerie sainte Catherine) est construite de 1873 à 1874 et mise en service en 1875.

A la mise en service, les frères Villaume se retirent de l’affaire mais restent propriétaires des terrains et perçoivent un loyer annuel. Ils font alors appel à Jean Daum, notaire à Bitche, ayant fuit l’annexion de la Moselle après la défaite de 1870. En effet, la guerre de 1870 interrompe sa carrière. Sa ville est envahie par l’armée allemande et est en partie détruite. A la signature du traité de 1871, la ville se trouve dans la partie de la Lorraine annexée par les allemands. Le traité offre la possibilité aux citoyens français habitants les territoires fraîchement conquis, de conserver la nationalité française s’ils s’établissent en France et à condition de le déclarer aux autorités allemandes avant le 1er janvier 1872.

Jean Daum choisit de s’installer en France et part pour Dombasle sur Meurthe, puis s’établit à Nancy en 1876. La vente de son étude et biens lui rapportent la coquette somme de 500 000 francs. 

Les sommes d’argent prêtées par Jean Daum à Guillaume Avril et Victor Bertrand vont être rapidement englouties. Face à cette situation, Jean Daum inquiet, va demander le ur remboursement. Les associés ne pouvant le faire décident de vendre l’entreprise. Pour ne pas perdre les sommes non remboursées, Jean Daum acquiert l’entreprise pour 50 000 francs et devient propriétaire des bâtiments, du matériel et de la Verrerie de Nancy.

La nouvelle « Verrerie de Nancy » est née et produit des services de table, demi-cristal dont la production débute le 12 août 1878 avec 150 ouvriers. N’ayant aucune expérience de ce métier, Jean Daum engage l’ancien directeur de la verrerie de Sars, Eugène Marquot, et des ouvriers qualifiés issus de la verrerie de Montferrand dans le Doubs, mise en vente en 1877.

En 1879, son fils Auguste va venir à son aide et sauvera l’entreprise de la faillite. Le 26 décembre 1883, Jean Daum crée avec son fils la société « Daum et fils » pour la fabrication du verre et notamment l’exploitation de la Verrerie de Nancy. Auguste épouse Jeanne Constantin, fille d’un riche industriel créateur de l’usine à gaz de Nancy et cofondateur du journal Est Républicain. L’importante dote de Jeanne apportera les moyens financiers pour rétablir et développer l’entreprise. Jean Daum meurt en 1885. 

Antonin rejoint son frère en 1887 et décident de se lancer dans la verrerie artistique et adoptent rapidement le style Art nouveau que Gallé a développé. En 1891 apparaît le premier catalogue riche de pièces de services de tables, beaux, raffinés et qui feront le succès de la manufacture. La production de services de tables n’est pas le reflet de l’image de Daum, pourtant depuis les origines et jusqu’à nos jours, elle a tenue une place importante dans la production et a prit une part essentielle dans son développement. Ainsi, on notera les magnifiques services de tables Louis XIII, le Ducal, le Trianon, le Régence. Antonin est aux techniques du verre pendant que son frère conserve la direction administrative et financière.

En 1895, Henri Bergé est embauché. La raison sociale passera de « Daum et fils » à « Daum Frères et Cie ». La même année, un atelier de décor apparaît et la collaboration avec Louis Majorelle commence. Jeanne, lépouse d’Auguste Daum donne naissance à 5 enfants : Louise, Jean, Léon, Paul et Henri. En 1898, Antonin épouse Marguerite Didion.

De 1890 à 1914, les frères Daum vont mettre en oeuvre toutes les techniques verrières connues et en inventeront de nouvelles. Pas moins de 3 000 modèles différents seront produits pendant cette période, du plus humble au plus sophistiqué. Les verreries Art Nouveau des frères Daum se reconnaissent entre toutes, à la fois par les techniques utilisées et leur style. Beaucoup, font partie des plus grands chefs-d’oeuvre de l’histoire du verre. Les Frères Daum connaissent alors une période faste pour la Verrerie de Nancy qui emploie 300 ouvriers. La fortune de chaque frère est évaluée à 500 000 francs. Leurs pièces sont vendues dans les maisons Rouard, Delvaux, Blanchet, Luce, Damon, Lecerf ainsi que dans les grands magasins du Louvre, du Bon Marché, du Printemps, des Galeries Lafayettes et les points de ventes hors des frontières.

Les frères Daum ont employé plusieurs des plus grands noms du verre Art Nouveau : Jacques Gruber (1870-1936) a débuté à l’école municipale des beaux-arts de Nancy, puis suit l’enseignement de Gustave Moreau à Paris. De retour à Nancy en 1893, il enseigne à l’Ecole des beaux-arts tout en travaillant pour les frères Daum en tant que créateur de modèle. En 1897, il lance sa propre entreprise et devient, avec Louis-Comfort Tiffany à New York, un des plus grands créateurs de vitraux Art Nouveau. Jacques Gruber s’est aussi intéressé à d’autres matériaux comme le bois et le cuivre. Il quitte Nancy pour Paris en 1920 et adopte l’Art Déco.

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Jacques Gruber

 

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Vase Fructidor 1896

Victor Amalric Walter (1870-1959), élève à la Manufacture de Sèvres, développe sa propre entreprise et met en oeuvre chez les frères Daum la technique de la pâte de verre avec des modèles imaginés par Henri Bergé (1870-1937), dessinateur en chef chez Daum.

Henri Bergé a été l’élève de Jules Larcher à l’école municipale des beaux-arts de Nancy. Il prend la succession de Jacques Gruber chez les Frères Daum en 1897. Il est auteur de nombreux dessins préparatoires de verreries et responsable de la formation des apprentis chez Daum. Il a marqué de son empreinte le style Daum jusqu’en 1914. Henri Bergé est aussi le concepteur des vitraux de la brasserie de Malzéville, le Petit Trianon. Il restera dans l’entreprise jusqu’en 1932.

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Victor Almaric Walter

 

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Vide-poches Caméléon 1925

 

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Henri Berger

 

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Coupe insecte aux ailes déployées 1920

Charles Schneider (1881-1953), né à Château-Thierry, est entré en 1898 comme modéliste indépendant aux verreries Daum avec son frère Ernest. Ce dernier exerçait la fonction de chef des services artistiques. Il ne participe pas à la création. Il supervise l’atelier artistique et assure les commandes.

Charles est un artiste de génie et créateur infatigable, qui est devenu maître créateur. Il s’intéresse à la pâte de verre auprès d’Almaric Walter et signe quelques pièces, notamment la Coupe au serpent et branches de mûrier. Ce reptile lui inspire aussi un vase avec une anse en forme de serpent, soufflé à trois couches, gravé à l’acide. Les frères Schneider reçoivent en 1909, à l’occasion de l’Exposition de Nancy, un diplôme d’honneur.

Cette même année, la mort d’Auguste Daum et l’entrée en 1911 de Paul Daum puis d’Henri Daum au sein de la verrerie familiale conduisent à une restructuration de l’entreprise. Ernest et Charles décident de créer leur propre affaire en achetant dès 1913 une petite verrerie à Epinay sur Seine. Ils s’oriente vers l’Art Déco.

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Charles Schneider

 

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Coupe au serpent et branches de mûrier 1909

Daum et les vases « Berluze« :

Les vases « Berluzes » simples et élancés, sont des dérivés des bouteilles persanes des VII e et VIII e siècles. Une peinture murale (836-839) de Sāmarrā’ (Iraq), palais d’al-Ğawsaq al-Ḫāqānī, représente deux danseuses œnophores, où figurent deux bouteilles qui inspireront des manufactures plusieurs siècles plus tard.

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Daum vers 1900 produira ce type de vase et les appellera « Berluze », André Delatte : « Galinettes » en hommage à Emile Gallé. Concernant l’accusation de Daum sur la copie par Delatte des vases « berluzes », produits par Daum vers 1900 et Delatte vers 1925, le tribunal a considéré que compte tenu que ces types de vases existaient depuis l’antiquité et présents dans de nombreux musées, il ne pouvait s’agir d’une copie des productions Daum.

Origine du mot « Berluze » :

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L’origine probable du mot « Berluze » proviendrait du récipient utilisé par les ouvriers dans les verreries de Meisenthal et de Saint Louis, afin de pouvoir se désaltérer dans les ateliers, où par la présence des fours, la température était élevée. Cet objet haut d’une trentaine de centimètres s’appelait « Berling ». Il était en verre et ressemblait à un vase soliflore légèrement incliné, avec un large col afin de permettre d’y insérer un tuyau métallique d’où s’écoulait de l’eau. De la réglisse était mis au fond de ce récipient. « Berluze » pourrait provenir de la déformation de « Berling ».

 

Daum et l’Art Nouveau :

L’année 1900 et l’Exposition Universelle de Paris ont joué un rôle majeur pour la renommée internationale de DAUM. Tous les maîtres-verriers sont présents lors de cet événement où sont accueillis plus de 5 millions de visiteurs. Antonin DAUM est récompensé par un Grand Prix et devient Chevalier de la Légion d’Honneur. C’est le début d’une période faste pour la manufacture qui multiplie les inventions et brevets. L’entreprise jouit d’une renommée mondiale.

Pour DAUM, l’Art Nouveau correspond à une première phase de création d’objets purement décoratifs. La nature, la flore et la faune deviennent les principales sources d’inspiration avec un soupçon d’art japonais. Les techniques de l’époque reposent sur une superposition de couches de verre de différentes couleurs et sur l’utilisation de l’acide (ou de la gravure à la roue) afin de faire réapparaître les couches les plus profondes.

La première Guerre Mondiale donne un coup d’arrêt à la production de l’usine. Jean, Paul et Henri sont mobilisés ainsi que beaucoup d’ouvriers. Le four est arrêté. Les troupes allemandes sont à 8 kilomètres de Nancy. Antonin parvient à rallumer un four en 1915. Jean Daum est tué le 2 avril 1916. Après la guerre, l’entreprise a retrouvé beaucoup d’ouvriers qui ont été épargnés par le conflit.

Daum et l’après Art Nouveau :

A partir de 1920, plusieurs verreries nouvelles en plus des établissements Daum et Gallé se créaient : les Cristalleries de Nancy (1921) dans la production en grandes séries de flacons en cristal taillé pour la parfumerie de luxe, André Delatte (1920) dans la production de vases à décors art nouveau et art déco. En 1922, Daum agacée par le débauchage d’ouvriers par Delatte, intente un procès pour contrefaçon. Les Frères Daum seront déboutés.

Au milieu des années 1920, ces « années folles » de grande effervescence culturelle, l’Art Déco prend le relais de l’Art Nouveau. DAUM créé alors des pièces esthétiques où le verre prend un aspect minéral. Il est givré, cristallisé, profondément taillé de pans coupés et de biseaux en un agencement de lignes d’esprit cubiste.

En 1925, l’entreprise crée une deuxième verrerie à Croismare : la verrerie « Belle Etoile ». C’est Henri Daum qui demande l’autorisation et Paul Daum qui dirige. Elle fournira essentiellement de la verrerie blanche, des boules de verre pour Dusquesne et de la fantaisie (signée Lorrain et non Daum). Pierre Davesn sera le créateur des pièces à partir de 1928. La « Belle Etoile » fermera en 1934.

Antonin Daum meurt en 1930. Au côté de Paul et Henri, arrive Michel (il est un des 3 enfants de Antonin et Marguerite Didion). Ils donnent une nouvelle impulsion avec le mouvement Art Déco. Les années 30 sont difficiles après le crash boursier américain de 1929. L’entreprise passe de 430 à 360 personnes. En 1935, Les Frères Daum remportent le contrat d’équipement du paquebot Normandie. En 1936, les grèves frappent la société et les fours sont éteints et le personnel congédié. Seul 50 des 250 ouvriers sont gardés tandis que les cristalleries de Nancy, Gallé, Delatte et les Verreries de l’Est ont fermées leurs portes. La seconde guerre mondiale éclate. Paul et Michel sont mobilisés hors de Nancy. Paul, démobilisé assurera le fonctionnement de la verrerie, mais il est arrêté et déporté en 1944.

Lannée 1945 constitue une année de transition. Après la guerre, les fours sont rallumés. Henri et Michel assurent la direction. Le verre coloré laisse la place au cristal. Progressivement, les formes s’étirent, deviennent moins imposantes, les couleurs s’estompent jusqu’à la transparence totale du cristal.

L’inondation des ateliers en 1947 occasionnera des dégâts importants et l’arrêt de la production avec des pertes chiffrées à 5 millions de francs, non indemnisés.

La direction ne plie pas les bras et ouvre un commerce à Nancy près de la porte Héré pour y exposer les objets d’arts.

En 1960, les formes reposent sur un jeu de vide et de plein, sut l’équilibre des masses et des creux. La rigueur géométrique prend alors le pas sur le lyrisme de l’après-guerre. En 1965, Michel transmet les pouvoirs à Jacques. Il ouvre la création aux artistes de l’extérieur. Ainsi Salvatore, César et bien d’autres créent pour Daum.

A partir de 1968, DAUM produit des pièces en pâte de cristal (le terme pâte de verre sera utilisé commercialement) avec la technique utilisée pour les pièces fabriquées en pâte de verre. Elle sera produite de manière colorée.

De nombreux artistes du XX ième siècle ont travaillé pour DAUM : Salvador DALI, César BALDACCINI dit CESAR, Hilton MC CONNICO, ARMAN, Roland TOPOR, André DUBREUIL, Philippe STARCK, Manolo VALDES, Enzo MARI, Jean-Baptiste SIBERTIN-BLANC, Christian GHION, Jean-Marie MASSAUD

En près d’un siècle, une dizaine de membre de la famille Daum se succèdent ou cohabitent à la tête de l’entreprise. Là ou un Emile Gallé s’épuise à tout faire (diriger, gérer, contrôler, concevoir), la répartition des tâches entre frères, les fils et le cousins d’une même famille permet une gestion plus efficace. La création est l’oeuvre de collaborateurs recrutés et (ou) formés par l’entreprise. Grâce à cette disposition, alors que la disparition d’un artiste signifie souvent l’arrêt de son oeuvre, ni la mort des deux Jean, ni celles d’Auguste, d’Antonin ou de Paul ne marqueront l’interruption du succès des modèles Daum.

La commande du paquebot Normandie :

IMG_20200105_105147.jpgEn 1935, à la suite d’un concours, la Compagnie générale transatlantique choisit la maison Daum pour la fourniture des services de table du paquebot Normandie. Henri Daum en mesure tous les enjeux. La commande porte sur 37 000 verres et carafes pour la classe passagers et 13 000 pièces similaires pour les classes touristes. C’est une reconnaissance de la qualité de l’entreprise et de son savoir-faire et un nouveau défi : le cristal qui deviendra après la seconde guerre mondiale la marque de fabrique de Daum. Verres et carafes sont en cristal taillé et portent le monogramme de la compagnie.

Les lampes électrique confirme l’image moderne de Daum :

Les lampes ou plutôt les « appareils d’éclairage » occupent une place à part dan la production des Frères Daum. Ils apparaissent lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900 et deviennent un produit phare de l’entreprise. Elle lui consacre une partie de sa fabrication et lui donne droit une bonne part de sa notoriété. 

La découverte de la « fée électrique » en 1870 par Thomas Edison va bouleverser la vie quotidienne. La Tour Eiffel s’illumine avec le phare électrique à son sommet. Daum comprend rapidement l’intérêt d’appliquer cette nouvelle énergie à la verrerie. Ainsi la Verrerie de Nancy présente rapidement des appareils d’éclairage lors des expositions. Ils remplacent les lampes à essence fabriquées avant et qui présentent des inconvénients esthétiques, où le réservoir, la clé de remontage et une gaine pour la mèche, dictent la lignée des lampes.

L’électricité a libéré tout cela, le décor n’est plus simplement appliqué, il devient l’objet lui-même. Les décors deviennent sublimes et l’entreprise se fait remarquer rapidement pour ces réalisations. Des innovations sont essayées avec des ampoules glissées dans le pied de certaines pièces. Le succès ne se dément pas et marque les esprits à toutes les époques. Aux décors naturalistes de la période Art Nouveau succèdent après la première guerre une stylisation et une géométrisation  de cette même nature.

Dans les années trente, la couleur disparaît et les formes deviennent stylisées (lampe rectangulaires – 1930).

Après la seconde guerre mondiale, Daum maîtrise toute la création de la lampe quand parfois, elle confiait la réalisation des pieds en ferronnerie.

Les catalogues des années cinquante et soixante présentent des lampes de bureau dont seul le pied est en cristal et dont l’abat-jour est en tissu. La lampe électrique est résolument rentrée dans le domaine de l’utilitaire.

Daum et le Musée des Beaux Arts de Nancy :

Au total 250 pièces sur les 638 pièces provenant des familles DAUM et de l’entreprise, sont exposées au Musée des Beaux Arts de Nancy (place Stanislas) dans un lieu spectaculaire : le sous-sol autour des vestiges restaurés de l’imposant bastion d’Haussonville sur une surface de prés de 600 m2. Un don important de 218 pièces de services de table, portent le total des pièces à 856.

 

Cette exposition donne un panorama complet des recherches et des inventions incessantes et diversifiées de la manufacture en terme de techniques, de matières, de fonctions, de décors et de formes. Elle permet de présenter l’histoire de la verrerie depuis ses débuts jusqu’aux créations contemporaines.

LA PATE DE VERRE CHEZ DAUM :

La technique de la pâte de verre est très ancienne, antérieure à la découverte du verre soufflé, et fut superbement utilisée par les Phéniciens et les Egyptiens, avant de tomber en désuétude pendant des siècles. Ce n’est qu’à la fin du XIXième siècle en France, qu’elle fut redécouverte par le sculpteur Henry Cros (1840-1907) et ensuite mise à l’honneur par le travail et la production de l’entreprise DAUM.

La matière « pâte de verre » naît à partir d’un cristal spécialement fabriqué dans des pots. Grâce au procédé de fonderie et moulage à la cire perdue mis au point par DAUM, la reproduction de la pièce originale est parfaite et conforme aux désirs de l’atelier de création.

Aujourd’hui DAUM est le seul cristallier dans le monde à maîtriser parfaitement cette matière d’exception. Substance changeante, la « pâte de verre » se plie à tous les caprices de l’imagination des maîtres-verriers.  Un petit rappel Emile Gallé n’a jamais produit de pièces en « pâte de verre » mais en verre ou cristal.

1.Le travail de la pâte de verre chez DAUM :

Le travail d’une pièce en pâte de verre au sein des ateliers de création de la manufacture sont possibles de trois façons différentes.

> à partir d’une sculpture existante qu’il faut adapter pour la reproduction en pâte de verre.

> en collaboration avec un designer. Son projet est mis en forme en créant un premier exemplaire en plâtre.

> création en interne sur la base d’un cahier des charges du directeur artistique qui crée un premier exemplaire en plâtre. Il s’agit  généralement d’objets à vocation utilitaire.

2. Les différentes étapes :

Moulage : à partir d’un modèle, on l’étudie et on ajoute les éléments techniques nécessaires à la reproduction de la pièce en pâte de verre. On crée un ou plusieurs moules négatifs en élastomère selon le nombre de pièces à créer pour la fonte à cire perdue. Un moule à cire permet de tirer 50-200 exemplaires.

Fonte à la cire perdue : la cire est moulée dans le moule en élastomère. Une fois refroidie, la pièce est démoulée et une personne s’occupe de réparer les éventuels défauts. Les procédés de la cire perdue sont plus proches du métiers du métal que des métiers du verre.

Moule en plâtre : un moule en plâtre réfractaire est construit autour du modèle en cire et ensuite utilisé pour réaliser une pièce en cristal. A chaque pièce en cristal correspond une pièce en cire et un moule en plâtre.

Décirage du moule : le moule en plâtre est placé dans une étuve et, sous l’action de la chaleur, libéré de la cire. Il est donc prêt à être rempli de grains de cristal.

Remplissage du moule à plâtre : des morceaux de cristal de différentes formes, tailles et couleurs sont disposés dans le moule ou dans une réserve en terre cuite, selon les quantités déterminées pendant la phase de recherche.

Enfournement et cuisson : la préparation des fours est très importante pour en optimiser l’utilisation. Le cycle de cuisson va d’une semaine pour les petites pièces, à deux pour des pièces de 20 kg,  jusqu’à trois pour celle d’environ 50 kg. Le cycle comprend la préparation du four, le chauffage jusqu’à la température souhaitée (900°) et le refroidissement jusqu’à la température ambiante, avant de pouvoir rouvrir le four.

Démoulage et nettoyage des pièces : opération très délicate car certaines pièces sont très fragiles et on risque de les casser. Les pièces sont ensuite nettoyées à l’eau et on obtient  ainsi une pièce brute de moule.

Finitions : la phase de finition va du coupage des éléments techniques, à la réparation des défauts de surface, au polissage pour lui redonner de la lumière. Différentes machines et outils sont nécessaires pour finir les pièces. Un cycle de finition d’une pièce est suivi par la même personne du début à la fin de préférence.

Contrôle qualité et signature des pièces : la pièce est contrôlée et signée avec la signature DAUM et de celle de l’artiste s’il y a lieu. Les éditions d’art à 8 + 4 exemplaires sont numérotées selon les règles de la législation sur les bronzes. Toutes les autre pièces d’un prix supérieur à 500 € sont également numérotées dont certaines en tirage limité.

Emballage : des caisses spécifiques sont créées pour l’emballage de ces pièces très délicates et fragiles.

 

 

 

Les signatures de 1890 à 1975 :

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Entre 1902 et 1939, on note des signatures Daum accompagnées de celles de créateur : « E. BRANDT », « J. CAYETTE », « L. MAJORELLE », « C. RANC » et « FOLLOW ».

Entre 1903 et 1914, apparaissent également les signatures : « J. MUGIN », « BERTHON », « Rene Bertrand », « SCHNEIDER » et « b. Chapuy ».

Entre 1915 et 1939, apparaissent également les signatures : « MODA », « Mado » et « Maud ».

A partir de 1968, apparaissent également les signatures : « M Legendre DAUM 8/200 », « DAUM 54/300 Guy Petitfils », « Demarchi. », « Cesar », « BADORD », « Gleb », « Dali 70 », « Adzak », « TOUL HOAT », « C Croix de Lorraine D », « Topor 90″, »LHOSTE », « Daum France 84/125 Roulot » et « Sosno ».

Ce travail en collaboration avec des artistes reconnus augmente la notoriété de la marque et les éditions d’art représentant aujourd’hui 40 % de leur activité.

Editions d’art numérotés (8 + 4 selon la législation sur les bronzes)

Petite séries jusqu’à 500 exemplaires pour des multiples d’art

Petites séries jusqu’à 1 000 exemplaires pour des éditions limitées

Moyennes séries à tirage illimité (quelques milliers au maximum)

Daum aujourd’hui :

La famille fondatrice a cédé sa société en 1986. Elle appartient aujourd’hui à un fonds d’investissements. Sophie Le Tanneur a été nommée présidente du directoire de la société en 2005, avec pour mission de donner un nouveau souffle à la marque en l’associant à des artistes contemporains.

Les productions de l’atelier de création DAUM situé à Nancy sont toujours exceptionnelles. Tous les prototypes y sont réalisés ainsi que les pièces de prestige exécutées à quelques exemplaires. Pour les plus grands tirages, la phase industrielle se déroule à Vannes-le-Châtel (Meurthe-et-Moselle), à une cinquantaine de kilomètres.

Aujourd’hui DAUM est présente dans plus de 10 pays (Europe, Japon, Chine, Emirats Arabes Unis …) et compte plus de 180 personnes en DAUM France et 20 personnes pour DAUM Etats Unis et Asie. Le site de Nancy accueille l’atelier de création des nouveaux produits comprenant l’activité de modelage et de moulage, le prototypage et la production des pièces de séries très limitées. Le site de Vannes le Châtel comprend l’activité de fusion du cristal pour constituer la première matière, un atelier de production complet depuis le moulage jusqu’à la finition et l’emballage, les services généraux, financiers et administratifs, le stock de produits finis et les expéditions.

Pour chaque pièce réalisée, DAUM conserve la maquette mère ou d’atelier, c’est à dire une sculpture avec tous les éléments techniques rajoutés pour la production. Les moules sont conservées  jusqu’à la fin du tirage, ils sont détruits ensuite. Un exemplaire fini en cristal des Editions d’Art et autres pièces significatives d’une technique ou d’un collection particulière.

DAUM fait incontestablement partie du patrimoine culturel aussi bien national qu’international et possède de filiales.

DAUM : 17, rue des Cristalleries 54000 NANCY – +33 (0) 3 83 30 80 24 http://www.daum.fr