Archives pour la catégorie Cristalleries Etrangères

Le Cristal de Bohême existe depuis le XVIII ième siècle avant de se faire voler la vedette par les anglais

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Chope Commémorative réalisée en 1745 en cristal taillé et étain pour l'élection de François de Lorrain au Sain Empire Germanique.
Chope Commémorative réalisée en 1745 en cristal taillé et étain pour l’élection de François de Lorrain au Sain Empire Germanique.

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Les verreries furent fondées dès le Moyen-Âge dans le cercle de montagnes qui forme les frontières naturelles du pays, disposant des sables verriers et du bois nécessaires pour produire de la potasse. Rien d’étonnant donc à ce que des clans familiaux de verriers tchèques s’y soient constitués et aient influencé les procédés technologiques de fabrication du verre de façon décisive en Europe.
Les pays du Royaume de Bohême envahirent en conséquence le marché européen dès les XIVéme et XVéme siècles avec leur production de verres à boisson. Le type de verre des coupes médiévales de couleur verdâtre était d’ailleurs appelé le verre forestier. Il revient à la mode de nos jours et beaucoup de répliques des originaux médiévaux sont vendues avec succès.

Grand amateur d’arts, Rodolphe II, empereur qui régna entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle, attira de nombreux tailleurs de pierres, notamment de cristal de roche abondant en Bohême, dans la capitale de l’Empire où il résidait, la ville de Prague. Ce sont probablement ces maîtres-verriers qui découvrirent la propriété particulière du verre tchèque, susceptible d’être coupé et gravé.
Leurs efforts pour fabriquer un verre aux qualités comparables au cristal de roche aboutirent probablement en 1683 lorsque le maître-verrier M Müller découvrit le fameux cristal de Bohême. Dès le début du XVIIIe siècle, les commerçants tchèques conquirent ainsi les marchés mondiaux d’alors, en fait surtout européens, au détriment du cristal italien de Murano.

Au cours du XVIIIe siècle, pratiquement tous les maîtres-verriers du pays fabriquaient ce type de verre noble aux parois épaisses, d’une dureté et d’une brillance forte, susceptible d’être taillé comme une pierre précieuse, le cristal. Malheureusement, le secret de sa fabrication s’étant aujourd’hui perdu, il est devent impossible d’en produire.

Au début du XIXème siècle, le cristal de Bohême est concurrencé par le nouveau verre au plomb inventé au XVIIe siècle en Angleterre, bien moins coûteux. C’est à ce dernier produit que l’on donne aujourd’hui le nom de cristal. Sa température de fusion est plus basse, il est davantage susceptible d’être taillé et coupé et enfin plus étincelant.

Cette expansion poussèrent à d’autres recherches puisque c’est de nouveau en Bohême qu’en 1817 G. Bucquoy réussit à mettre au point un type de verre baptisé verre de hyalite, un verre massif et lourd, à la couleur noire ou rouge foncé, sa spécificité résidant dans le fait qu’il ne laissait guère traverser les rayons lumineux. Sa formule de fabrication ayant disparu avec son créateur, c’est alors que F. Egermann, peintre et technologue du verre, découvrit en Bohême du Nord l’émail de nacre et de biscuit, et surtout, les glacis jaune et rouge.

Du même coup, les produits des verriers tchèques reconquérirent les marchés « mondiaux » vers la fin du XIXème siècle. Mais le cristal de Bohême devint alors synonyme de verre au plomb, mais richement taillé et réputé pour son éclat extraordinaire, grâce à la grande qualité des sables verriers locaux. En conséquence, dans la plupart des pays occidentaux, ce « cristal » se définira principalement par trois de ses caractéristiques : densité, indice de réfraction et pourcentage d’oxydes métalliques (au moins 24 % d’oxyde de plomb pour les brillance, éclat et son particuliers).

Mais en République tchèque, le « cristal de Bohème » désigne encore en principe un verre raffiné de qualité supérieure, le « cristal Moser », l’une des marques les plus prestigieuses ne contenant pas du tout de plomb. En revanche, si l’on excepte ce « roi des cristaux », pratiquement tout le reste de la production reste du « verre au plomb » (de 24 % quand il est dit standard, par exemple pour la table, jusqu’à 49% quand une haute malléabilité est requise, par exemple pour créer de petits animaux) que les tchèques appellent plutôt « cristal au plomb ».

http://www.cristaletlustres.com/

http://suite101.fr/article/le-cristal-de-boheme-patrimoine-de-republique-tcheque-a24106

Verrerie de SCAILMONT (Belgique) 1901-1972

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Verrerie de SCAILMONT (Belgique) 1901-1972

La Verrerie de SCAILMONT (Belgique) 1901-1972 a été créée en 1901 à Manage dans le Hainaut en Belgique. Produisant au début de la gobeleterie, un département de verre voit le jour en 1924. Dans vases moulés à la presse dans un style Art Déco apparaissent en 1925 proches des « Kémaris » réalisées chez Bloch. De nombreux modèles provenant des cristalleries françaises ont été copiés par la verrerie de Scailmont.
En 1972, la société est en liquidation judiciaire. Les locaux sont vendus à la SA Verreries du Hainaut en 1978.

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20130928_00367117

http://www.hogelandshoeve.nl/main432.html

VAL SAINT LAMBERT (1826-2013), une signature Belge reconnue pour l’exception de la qualité de sa production (Belgique)

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Les origines :

L’abbaye du Val Saint Lambert fut créée au début du XIIIe siècle par des moines cisterciens au confluent du ruisseau de Villencourt et de la Meuse. Ils y observèrent la Règle de saint Benoît jusqu’à la Révolution, époque à laquelle ils furent chassés et leurs biens confisqués. Le domaine appartint alors à Jean-François Deneef, dernier bourgmestre de Seraing lors du Royaume-Uni des Pays-Bas, jusqu’en 1825. Il y installa une filature mécanique de lin qui ne connut pas le succès. En 1825, le Val Saint Lambert changea de propriétaires dans l’intention d’y installer une cristallerie.

Les débuts :

Suite à la chute de Napoléon à Waterloo, Aimé-Gabriel d’Artigues (1773-1848), propriétaire de la Verrerie impériale et royale de Vonêche qui écoulait une grande partie de sa production en France, connaît des difficultés financières. Son principal commanditaire, Louis XVIII accepte de l’aider s’il s’occupe de la Cristallerie de Baccarat. Il délaisse donc Vonêche dont l’avenir ne s’annonce guère brillant. Un de ses collaborateurs, François Kemelin (1784-1855) lui propose alors, en juillet 1825, de racheter les installations de Vonêche pour 500 000 francs. Irascible, d’Artigues le renvoie sur le champ. Après quelques vaines tentatives de réconciliation, François Kemelin participe à la création d’une entreprise concurrente à Seraing. Le site est propice : le combustible est abondant, il y a des carrières de calcaire non loin, la région est active dans la métallurgie des non-ferreux, il sera facile de s’y procurer le plomb nécessaire à la fabrication du cristal et, enfin, Liège est prospère et avide d’objets de luxe. Kemelin a emmené avec lui son fidèle compagnon, Auguste Lelièvre (1796-1869) et quelques ouvriers de Vonêche. La société bénéficie d’importants soutiens financiers de la part de Guillaume d’Orange et du Baron Joseph de Bonaert. Le départ est donc rapide. En mai 1826, le premier four (à bois) est allumé, il comporte 8 creusets de 200 à 250 kilos. Le 6 juin 1826, la société anonyme des Verreries et Établissements du Val Saint-Lambert est créée. Kemelin en sera le directeur général jusqu’en 1838 (date à laquelle il quitte le Val pour fonder une nouvelle glacerie dans le Hainaut, à l’abbaye d’Oignies (Aiseau-Presles), il est alors remplacé par Lelièvre qui a jusque-là occupé le poste de directeur technique.

La notoriété :

Rapidement, les fours à bois sont remplacés par des fours plus performants au charbon. Au départ, la production ne se distingue pas par son originalité, le Val Saint Lambert produit des bouteilles, du verre à vitre et petit à petit, de la gobeleterie commune en demi-cristal. En 1836, la Société générale de Belgique rachète l’entreprise et Léopold Ier devient un actionnaire important. En 1839, le catalogue est imprimé en cinq langues, ses produits sont exportés dans le monde entier. Une chaudière à vapeur est installée pour actionner les tours des tailleurs. On produit des pièces soufflées dans des moules fermés puis des pressées, ce qui permet d’imiter les articles taillés mais à moindre coût. En 1843, des services qui deviendront célèbres apparaissent. L’entreprise investit aussi dans le social : maisons, école, infirmerie sont créées. VSL participe à l’Exposition des Produits de l’Industrie Belge à Bruxelles de 1841. La recherche technique est grande, on pratique la taille riche, des procédés de coloration, l’inclusion de filigranes.

La crise :

En 1848, rien ne va plus, l’Europe est en pleine agitation. L’exportation étant devenue difficile, voire impossible, le Val Saint Lambert doit alors ralentir sa production, il fait travailler ses fours et son personnel en alternance. Le chiffre d’affaires est divisé par trois.

Dans les années 1850, la production reprend de plus belle. Le chiffre d’affaires triple par rapport à celui de 1839. De nouvelles innovations techniques sont apportées (par exemple, la gravure à l’acide en 57), notamment avec l’arrivée d’un nouveau directeur, Jules Deprez en 1863. Un four Boëtius (four à gaz alimenté par un gazogène) est installé en 1870.

La concurrence s’intensifie, des événements internationaux nuisent aux exportations (Guerre de Sécession, la guerre franco-prussienne de 1870).

Le renouveau artistique :

L’Exposition universelle de 1878 à Paris, provoque un renouveau artistique. Jules Deprez, grand voyageur, crée des représentations dans le monde entier. Le 1er août 1879 c’est l’acquisition des établissements des Verreries Namuroises et l’indépendance par rapport à la Société générale. En 1880, le Val occupe 2 800 personnes et produit 120 000 pièces par jour, c’est-à-dire cinquante millions par an.

En 1889, après la mort inopinée de Jules Deprez, c’est Henri Lepersonne qui reprend la direction, puis Georges Deprez (fils de Jules), en 1894. L’entreprise continue d’être à la pointe de la modernité : éclairage électrique, magasins, salle d’exposition, usine à gaz, voie de chemin de fer menée jusqu’à la fabrique…

Des artistes prestigieux travaillent au Val Saint Lambert, c’est l’époque de l’Art nouveau : Philippe Wolfers, Victor Horta et Henri van de Velde pour les Belges, Les frères Muller, Jean Désiré, pour les Français. La Manufacture de Val Saint Lambert a également produit des séries selon Gallé jusqu’à la fin des années vingt.

Au début du XXe siècle, ce sont plus de 160 000 objets qui sont fabriqués par jour ; 90 % de la production est exportée. 5 000 personnes y travaillent. On y pratique maintenant la fluogravure. En 1904, le catalogue reprend 192 modèles de services de table.

Pendant la Première Guerre mondiale, la production est interrompue.

Au lendemain de l’Armistice, les fours sont rallumés et la production redémarre tant bien que mal. En 1921 — année de création du Parti communiste en Belgique — on assiste à la première grève.

Dans les années 1920 apparaît la galvanoplastie. Le centenaire de l’entreprise est fêté en grande pompe les 26 et 27 juillet 1926. Le prince et futur roi Léopold III est présent et de nombreux ouvriers sont décorés. Le directeur, à cette époque, est Marcel Fraipont. Mais, dans les années 1930, le verre de luxe est en crise. La mécanisation et l’automatisation font une entrée en force dans le verre commun.

Le Val Saint Lambert n’a pas trop à souffrir de la Seconde Guerre mondiale, il conserve ses ouvriers qui échappent à la déportation.

Toutefois la grande époque est passée. Le Val Saint Lambert connaît toujours une production prestigieuse de grande qualité artistique, mais la puissance économique n’y est plus. On y produit aussi des vitraux pour des bâtiments publics et ecclésiastiques. Le nombre de personnes employées décline, les ennuis financiers s’accumulent. L’État devient actionnaire en 1971, via la Société nationale d’investissement. Après de nombreuses péripéties, le décembre 2005, Val Saint Lambert International entre en Bourse. En 2008, les ateliers des Cristalleries du Val Saint-Lambert existent toujours, ils occupent 58 personnes.

Dès les origines, le Val-Saint-Lambert s’attache de grands artistes pour créer des modèles qui, devenus classiques sont produits en grande quantité. Citons, par exemple, Camille Renard (14 mai 1832-?), Léon Foller, Louis Leloup

Représentation mondiale :

Vers 1900, le réseau commercial couvre le monde entier. La société dispose de dépôts à Bruxelles, à New York, et d’agents partout dans le monde : Londres, Paris, Marseille, Amsterdam, mais aussi en Italie, en Espagne, au Portugal, en Autriche, en Turquie, en Égypte, en Roumanie, en Grèce ; il y a neuf agents aux Indes, cinq en Australie, un au Canada, quatre en Chine et au Japon. D’autres contrées sont visitées par des agents itinérants.

Les catalogues (tarifs) ont été édités régulièrement (1855, 1862, 1872, 1879). Des services classiques (Poniatowsky, Metternich, Lallaing…) seront produits pendant plus de cent ans. Certains produits sont adaptés à la demande étrangère (verre à sherry, à whisky britannique, bourbon américains…).

Des verres à boire, des flacons, des verres d’éclairage, coupes à fruits, vases de décoration, mais aussi des presse-papier, des coupe-papier…

 

Production intégrée :

Vers 1900, l’entreprise s’étend sur quatre sites : le site principal du Val Saint-Lambert, les établissements de Herbatte à Namur fondés en 1851 et de Jambes (1850), tous deux faisant partie des Verreries namuroises absorbées en 1879. Et, enfin, les établissements de Jemeppe qui datent de 1881 et furent achetés en 1883. Ils sont tous reliés à la ligne de chemin de fer Liège-Namur.

La qualité des matières premières étant de la plus haute importance, elles sont fabriquées sur place. Le sable y est lavé (7 000 tonnes), Le minium y est fabriqué. Les fours et creusets sont également fabriqués sur place (1 500 tonnes de terre réfractaire). Le gaz des fours à gaz Siemens ou Boëtius de douze à dix-huit creusets est fabriqué sur place. L’alimentation des fours en charbon (54 000 tonnes) se fait en sous-sol pour ne pas contaminer les produits. Huit halles de vingt fours occupent 8 000 mètres carrés. La chaleur des fours boëtius est récupérée pour faire de la vapeur. Lors de la moulure, le souffle du verrier est remplacé par de l’air comprimé. Le coupage à la flamme a également été un perfectionnement notable. Une machine, conduite par une seule opératrice, peut produire 3 000 gobelets par jour. L’énergie nécessaire à la taille, à l’origine manuelle fut rapidement remplacée par une roue hydraulique et, dès 1836, par une machine à vapeur. Il y a 800 tours dans six tailleries (quatre au Val-Saint-Lambert, une à Herbatte, une à Jemeppe).

La gravure, qui se faisait au tour, fut ensuite réalisée à l’acide fluorhydrique après application d’un masque d’encre imprimé. Cela permet de réaliser de grandes quantités de pièces de manière économique. Ainsi, 40 000 cheminées de lampe sont gravées chaque jour avec le logo de différents fabricants liégeois de lampes à pétrole. On a aussi la gravure au sable inventée par l’américain Tilghman où un jet d’air ou de vapeur entraîne du sable. On y effectue également de la peinture sur verre.

L’éclairage est au gaz et à l’électricité. Une usine à gaz produit journellement plus de 2 000 m³ de gaz, 58 lampes à arc et 656 lampes à incandescence éclairent l’entreprise. Les établissements sont reliés au chemin de fer Liège-Namur.

Il y a des ateliers mécaniques pour la construction des moules en fonte, d’autres pour la fabrication des caisses d’emballage. En octobre 2013, Val Saint Lambert dépose le bilan.

Quelques sites Internet évoquant la Cristallerie de Val Saint Lambert :

http://www.val-saint-lambert.com/#/index/html/lang/fr

http://www.cema-givet.com/content/view/27/37/