Tous les articles par Le Verre, le Cristal et la Pâte de Verre

Vase de Charles SCHNEIDER à décor de pavots haut de 23 cm (France)

Charles SCHNEIDER (1881-1953), vase de forme boule ouverte modèle  » Pavots  » en verre gravé à l’acide dans les tons de rouge sur fond jaune. Hauteur : 23 cm. Diamètre : 31 cm.Estimation : 800 €.

De la grande époque de la verrerie Art nouveau-Art déco (entre 1895 et 1935), le grand public retient surtout trois noms, Daum, Gallé et Lalique. Un quatrième, Schneider, plus discret, fait également partie de cette pléiade qui a pris son envol avec l’École de Nancy, lorsque les artistes, souvent lorrains ou alsaciens, se sont repliés sur l’autre versant des Vosges après la défaite de 1870, là où se trouvent, encore aujourd’hui, nombre de cristalleries de renom, Baccarat ou Saint Louis notamment. Une toute récente exposition permet de découvrir cette verrerie au style particulier, très appréciée par les amateurs et collectionneurs, de plus en plus nombreux, de cet art décoratif, aux cotes qui ne cessent de grimper.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/24/charles-schneider-1881-1953-un-maitre-verrier-apprecie-outre-atlantique/

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Gobelet à décor de médaillon de lion ailé réalisé par Nicolas-Jean Alphonse GIBOIN (France)

Nicolas-Jean Alphonse GIBOIN (1828-1921), gobelet en verre émaillé et doré à l’or à décor en médaillon d’un lion ailé et motifs orientaux. Signé au talon. Hauteur : 10 cm.

Nicolas-Jean Alphonse Giboin (1828-1921) est né à Villebois-La Valette en Charente le 28 juillet 1828. Après une carrière administrative au Ministère des Finances qui débutera en 1851, il séjournera au Mexique avant de revenir à Paris en 1867.

Parallèlement à sa carrière de fonctionnaire, il se passionne pour les arts décoratifs et installe un atelier avec un four dans le jardin de sa propriété de Libourne. L’ouverture en 1852 du Japon au commerce occidental ne laisse pas indifférent cet artiste. Il exposera une coupe au décor japonais au Salon de la Société des Artistes français en 1908.

Nicolas-Jean Alphonse Giboin va s’inspirer du Recueil des dessins pour l’Art et l’Industrie gravés par Adalbert de Beaumont et Eugène Collinot et réédité en 1883. Il est composé de scènes insolites et exotiques. Il s’en inspirera pour des décors de plats, de verres et de vases.

À Paris, il met en dépôt-vente quelques verreries émaillées chez Rouard, propriétaire d’un grand magasin de céramique et de verrerie «À la Paix», 32, avenue de l’Opéra à Paris. L’artiste est domicilié à Libourne, rue Jean-Jacques Rousseau mais également à Paris, 28, rue Nollet.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/03/22/a-giboin-decorateur-de-verre-a-lemail-et-a-lor-dans-les-annees-1870-1880-france/

Vase en cristal de VAL SAINT LAMBERT haut de 28 cm (Belgique)

VAL SAINT LAMBERT (1926-2013), vase en cristal moulé déformé à chaud teinté rose
Signé. Hauteur : 28 cm.

Suite à la chute de Napoléon à Waterloo, Aimé-Gabriel d’Artigues (1773-1848), propriétaire de la Verrerie impériale et royale de Vonêche qui écoulait une grande partie de sa production en France, connaît des difficultés financières. Son principal commanditaire, Louis XVIII accepte de l’aider s’il s’occupe de la Cristallerie de Baccarat. Il délaisse donc Vonêche dont l’avenir ne s’annonce guère brillant. Un de ses collaborateurs, François Kemelin (1784-1855) lui propose alors, en juillet 1825, de racheter les installations de Vonêche pour 500 000 francs. Irascible, d’Artigues le renvoie sur le champ. Après quelques vaines tentatives de réconciliation, François Kemelin participe à la création d’une entreprise concurrente à Seraing. Le site est propice : le combustible est abondant, il y a des carrières de calcaire non loin, la région est active dans la métallurgie des non-ferreux, il sera facile de s’y procurer le plomb nécessaire à la fabrication du cristal et, enfin, Liège est prospère et avide d’objets de luxe. Kemelin a emmené avec lui son fidèle compagnon, Auguste Lelièvre (1796-1869) et quelques ouvriers de Vonêche. La société bénéficie d’importants soutiens financiers de la part de Guillaume d’Orange et du Baron Joseph de Bonaert. Le départ est donc rapide. En mai 1826, le premier four (à bois) est allumé, il comporte 8 creusets de 200 à 250 kilos. Le 6 juin 1826, la société anonyme des Verreries et Établissements du Val Saint-Lambert est créée. Kemelin en sera le directeur général jusqu’en 1838 (date à laquelle il quitte le Val pour fonder une nouvelle glacerie dans le Hainaut, à l’abbaye d’Oignies (Aiseau-Presles), il est alors remplacé par Lelièvre qui a jusque-là occupé le poste de directeur technique.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/31/val-saint-lambert-1826-2013-une-signature-belge-reconnue-pour-lexception-de-la-qualite-de-sa-production/

Vase balustre de BURGUN SCHVERER et Cie à décor floral haut de 32 cm (France)

BURGUN SCHVERER (Verrerie d’Art de Lorraine – Meisenthal), vase balustre sur piédouche en verre multicouche à décor dégagé à l’acide rehaussé de ciselures, émaillé et doré. Le pourtour du pied cerclé d’une monture en vermeil. Signature à l’or dans un chardon et dans la croix de Lorraine « Verrerie d’Art de Lorraine B.S.C déposé », sous la base. Hauteur : 32cm. Estimation : 2 500 €.

Situé dans les Vosges du Nord, elle est née au début du XVIIIe siècle de l’abandon, faute de combustible, de la verrerie de Soucht, le village est mentionné en 1704 avec sa verrerie, sous la forme Meisenbach, le ruisseau des mésanges, puis en 1711 sous sa forme actuelle, Meisenthal, la vallée des mésanges. Le village aurait été précédé par une première verrerie appelée Glasthal, installée au XVIe siècle et disparue au siècle suivant.

Elle devient Burgun, Schverer & C° en 1824. De grands noms franchir la porte de cette verrerie soit pour s’initier avec Emile Gallé (1867) dans la décoration du verre et Désiré Christian.

A l’issue de la guerre de 1870-1871), Meisenthal se retrouva en Lorrain annexé par la Prusse. Gallé Père & Fils ne pouvaient y accéder régulièrement depuis Nancy. La verrerie employait plus d’un millier d’ouvriers, d’où à l’époque de consacrer une production de verreries d’usage et utilitaires. Un atelier de décoration dirigé par Désiré Christian permettait de mettre une valeur ajoutée aux pièces produites.

De plus l’effectif de cette usine et la crainte de perdre un personnel qui pourrait vendre son savoir-faire ailleurs, nécessité une production importante commissionnée par Emile Gallé. Le succès de l’artiste nancéen à l’exposition universelle de 1889 submergea la verrerie de commandes puis soudainement une baisse.

En 1901, Burgen, Schverer et C° fut transformée en société anonyme, puis pris l’enseigne Désiré Christian & Fils. L’activité de la verrerie cesse en 1969.

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L’époustouflante collection NAKAMOTO mise en vente : GALLE, DAUM, ARGY ROUSSEAU (France)

En décembre 2018, le département Design de Christie a présenté une vente de La collection Nakamoto avec des chefs-d’œuvre d’Emile Gallé, de Daum et de Garbriel Argy-Rousseau. Voici les pièces présentées :

Emile GALLE (1846-1904) :

 DAUM :

Gabriel ARGY ROUSSEAU (1885-1953) :

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/20/emile-galle-1846-1904-le-maitre-verrier-de-l-art-nouveau-france/

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/28/daum-un-style-depuis-1875/

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/02/02/gabriel-argy-rousseau-1885-1953-la-vie-et-loeuvre-dun-passionne/

Coupe d’Auguste JEAN en verre à décor de gecko (France)

Auguste JEAN (1830 – 1890), coupe haute en verre transparent ambré A col cerné d’une frise de « stalagtites » et piètement tripode à décor d’un gecko appliqué en haut relief et de fleurettes émaillées polychrome.  Signé « A Jean » gravé sous la base.  Hauteur : 11 cm. Estimation : 200 €.

Auguste JEAN est né à Paris vers 1830. Fils de céramiste, il commence à être connu à partir de 1860 comme céramiste et décorateur de faïences fines avant de se tourner vers la verrerie d’art. Novice, il a apporté un bouleversement dans la technique des décors émaillés.

Ses premiers décors japonisants de vase sont peints aux émaux polychromes en haut relief et à l’or. Ils les réalisent sur des vases, coupes, corbeilles à base tripode et à corps penché.

Il les exécute à la Cristallerie de Clichy en cristal. Ses verreries sont remarquées pour la première fois à l’Exposition universelle de Paris de 1878 où il reçoit une médaille de bronze. Il propose des pièces de verre coloré de forme classique, mais compliquée par des saillies et des reliefs, obtenus par un travail de la masse vitreuse à la pince, à chaud, ce qui deviendra sa marque distinctive.

En 1885, il arrête toute production suite au rachat par de la Cristallerie de Clichy par celle de Sèvres. Inventeur inlassable, Auguste Jean a ouvert, grâce à la liberté et à l’invention de ces formes exubérantes, la voie aux recherches qui sont encore celles des verriers contemporains.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/02/15/auguste-1830-jean-precuseur-de-lart-nouveau-france/

Vase signé LEUNE à décor floral haut de 30 cm (France)

VERRERIE DE LEUNE (1861-1930), vase en verre à décor floral. Signé. Hauteur : 30 cm.

La première trace de la verrerie Leune, nous l’avons dans un document de la préfecture de police de la Seine Saint Denis. Ce document nous indique que son installation a eu lieu le 15 février 1861 à Epinay sur Seine.

Entre 1904 et 1914, les établissements Leune produisent des porcelaines, des verreries médicales, des bibelots, des coupes  et vases à décor de paysages idylliques et romantiques, ainsi que des oiseaux et fleurs, peint à l’émail fixé à chaud. Ces productions décoratives sont de prix abordables et en série.

Auguste Heiligenstein sera conseiller technique de 1922 à 1926. Spécialiste dans l’émaillage sur verre, il fournira au catalogue de la société, de nouvelles création de qualité. Les Frères Daum fourniront en blancs l’atelier de décoration de l’établissement. Vers 1920-1930, la  société domicilié au 28 bis de la rue du Cardinal Lemoine à Paris (5ième arrondissement);  suivra la mode de la production de verres moulés ou soufflés, incolore ou opale portant la signature de Leunox.

Leune déposera le bilan après la crise de 1929 comme de nombreuses manufactures. Dans une édition catalogue de 1936, on retrouve une reprise d’activités par la suite sous le nom « Anciens Etablissement Leune », pour les laboratoires, hôpitaux, etc … .Les pièces sont signées « LEUNE », « LEUNE/PARIS/FRANCE/MARQUE DEPOSEE », « LN », « LEUNOX FRANCE », « ETALEUNE », « ETALEUNE PARIS FRANCE », « ETALEUNE PARIS-FRANCE » ou « LEUNOR ».

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Vase en verre signé D’ARGENTAL à décor de branches de cerisiers haut de 30 cm (France)

Paul NICOLAS (1875-1952), D’ARGENTAL, vase en verre double de forme ovoïde à décor couvrant de branches de cerisiers et de fruits gravés en profonde réserve brillante rouge-violacé sur un fond opaque rose nuancé. Signé « D’Argental » et Croix de Lorraine.
Hauteur : 30 cm. Estimation : 800 €.

Paul Nicolas a été un exceptionnel Maître-Verrier de Nancy qui a marqué l’Ecole de Nancy. Après avoir travaillé avec Emile Gallé, il créé en 1919 son atelier qui sera situé dans sa maison, au 64 de la rue de la République à Nancy. Au plus fort de son succès, il a compté jusqu’à 12 décorateurs. 

En juin 2013, j’ai eu la chance de rencontrer Florence Nicolas sa petite fille qui vit à Paris. Fille de Jacques (dernier enfant de Paul Nicolas) et Colette Nicolas, elle n’a pas connue son grand-père mais très bien sa grand-mère. Lors de notre rencontre, j’avais le sentiment de vivre un moment extraordinaire. Je buvais ses paroles et je ne cessais de l’observer. Elle avait le regard de Paul Nicolas que j’ai pu découvrir sur des photos d’époque : claire, intelligent et honnête. Florence Nicolas voue son temps à faire connaître son grand-père, qui était d’un humanisme reconnu par tous.

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/16/paul-nicolas-1875-1952-ou-dargental-verrier-lorrain-un-de-mes-preferes/

Lampe tortue des Frères MULLER en verre avec monture bronze (France)

FRERES MULLER (1897-1936), lampe à poser figurant une tortue. Monture bronze et carapace en verre nuagée. Signée. Longeur : 22 cm. Estimation : 300 €.

En 1905, deux des Frères Muller s’installent au Val Saint Lambert, en Belgique, où ils travaillent trois années durant à la création de 400 modèles. Ils y employèrent une technique qui avait fait le succès de la manufacture Muller, la fluogravure. Cette collaboration fructueuse illustre la circulation des idées, des techniques et des concepts artistiques entre de grands centres de création verrière Art nouveau. Les frères Muller se sont retrouvés à la tête d’un ensemble industriel à Lunéville Croismare employant près de 300 personnes, qui s’est effondré en 1936.

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Vase signé DEGUE (David GUERON) en verre haut de 19 cm (France)

DEGUE (David GUERON), vase en verre multicouche à décor floral dégagé à l’acide.  Hauteur : 19 cm. Largueur : 27 cm. Estimation : 200 €.

En 1926, David GUERON reprend une ancienne verrerie-cristallerie à Compiègne (Oise), spécialisée dans les flacons de parfumerie qui nomme : «SA Cristalleries de Compiègne ».  Il fonde la même année la «Verrerie d’Art Degué » au 63 boulevard Malherbes à Paris (fabrique) et acquière un local au 41 rue de Paradis dans le 10 ième arrondissement (magasin d’exposition),  afin de présenter avec une production de vases et luminaires aux couleurs vives et de qualité. Ce dernier sera déplacé au 52, rue de Londres à Paris. Il s’inspire d’un style Art Déco des décors de Charles Schneider ce qui lui voudra dans poursuites judiciaires pour contrefaçon avec gain de cause par Schneider en 1932. Edouard Cazeaux est le directeur artistique de David Guéron. La cristallerie produit également des verres, gobelets industriels entre 1934 et 1935. Une commande de 6000 pièces pour le paquebot «Le Normandie » destinées à la décoration murale et lumineuse composée de dalles de verre taillées au burin. C’est la seconde guerre mondiale qui mit un terme à la Verrerie d’Art Degué, David Guéron quittant la France en 1939 pour échapper aux nazis.

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