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Vase BACCARAT à décor émaillé floral haut de 20 cm (France)

CRISTALLERIE de BACCARAT, vase en verre givré à décor émaillé de fleurs. Monture en bronze doré signée. Hauteur : 20 cm. Estimation : 700 €.

Histoire de la Cristallerie de BACCARAT :

De 1764 à 1816 :

En 1764 le roi Louis XV donna la permission de fonder une verrerie d’art dans la ville de Baccarat dans la Lorraine à l’évêque de Metz Louis-Joseph de Montmorency-Laval (1761-1802).

Après la fermeture récente des salines, une grande quantité de bois jusqu’alors apporté par flottage à Baccarat devenait disponible. Le propriétaire de la forêt d’où venait ce bois (Monsieur de Montmorency-Laval, alors évêque de Metz) désirait leur trouver un autre usage et cherchait à faire créer à Baccarat une usine à feux. Cela aurait pu être une forge s’il y avait eu du minerai de fer sur place, ou une faïencerie, mai on lui préféra néanmoins une verrerie. La justification donnée à la création de cette entreprise dans une requête faite au Roi en 1764 par le propriétaire du site, Monseigneur de Montmorency-Laval est « Sire, la France manque de verrerie d’art, et c’est pour cela que les produits de Bohême y entrent en si grande quantité : d’où il suit une exportation étonnante de deniers, au moment où le royaume en aurait si grand besoin pour se relever de la funeste guerre de Sept Ans, et alors que depuis 1760, nos bûcherons sont sans travail ».

La vaste enceinte de la Compagnie des Cristalleries de Baccarat se confond alors rapidement avec presque toute le petite ville de Baccarat. La production consistait à la fabrication de carreaux à vitre, mais aussi de miroirs (argenté au mercure) et de services de verre. En 1785, l’usine est devenue la troisième plus grande verrerie d’Europe, seulement concurrencé par la cristallerie de Saint-louis et la cristallerie de Saint-Quirin.

Après la Révolution Française, l’entreprise périclita jusque sa faillite en 1806, date à laquelle elle fut vendue aux enchères à un négociant de Verdun. Les activités de la Verrerie continuèrent ensuite avec difficulté jusque 1816.

En 1816, la Verrerie fut rachetée par l’industriel franco-belge Aimé-Gabriel d’Artigues (1773-1848), déjà propriétaire des Cristalleries de Vonêche en Belgique, ce qui lui permet de retrouver une clientèle française sans avoir a payer de taxes d’importation, car Vonêche venait de quitter le royaume de France pour la Belgique. En échange de son investissement en France, d’Artigues obtient le droit d’importer 10 000 quintaux de « cristal brut » à tailler et ciseler en France, mais il a en contrepartie deux ans pour (re)lancer à Baccarat la production d’au moins 10 000 quintaux de cristal par an1. Le premier four à cristal commença à opérer à cette époque et jusqu’à 300 personnes étaient employées sur le site.

L’ancienne « Verrerie Saint-Anne » devint ainsi une Cristallerie sous le nom de « Établissements de Vonêche à Baccarat ». Ce fut le début de la prestigieuse ascension des Cristalleries de Baccarat.

De 1817 à 1870 :

Bien que l’intitulé de la raison sociale de l’usine soit encore « Verrerie », elle est en fait déjà spécialisée dans le cristal1 qui provient encore en Europe surtout de Bohême (Cristal de Bohême).

L’entreprise embauche mais peine à rentabiliser sa production puis se trouve en difficulté financière.

Son vrai démarrage date du rachat (pour la somme de 396 000 F) des parts trois associés (Pierre-Antoine Godard-Desmarets, François-Marie- Augustin Lescuyer, propriétaire à Charleville, et Nicolas-Rémy Lolot, négociant à Charleville), en 1822/1823 par un parisien fortuné, Pierre-Antoine Godard-Desmarest qui achète aussi cette même année dans la Thiérache du nord de la France la verrerie de Trélon, petite usine proche de vastes forêts très productives en bois, et qui produisait jusqu’alors du verre à vitre (Dans l’ombre de la première, elle produira du cristal de 1826 à 1874 pour le compte de Baccarat). En 1824 la cristallerie obtient le statut légal de Société anonyme.

Godard-Desmarest confie la direction de la société à un jeune Polytechnicien, Jean-Baptiste Toussaint. De cette décision date la naissance de deux dynasties familiales, l’une possédant le capital de la société, et l’autre dirigeant l’entreprise.

Baccarat reçut sa première commande royale en 1823 du roi Louis XVIII. Ce fut le début d’une longue série de commandes pour les familles royales et chefs d’état de toute la planète. Ce fut également une période de forte croissance internationale.

En 1855 Baccarat gagna sa première médaille d’or à l’exposition universelle de Paris.

Baccarat dépose à partir de 1860 sa marque déposée sur ses pièces (La marque était alors une simple étiquette collée sur les pièces).

La production de cristal prit son ampleur durant cette période dans la cristallerie de luxe, où Baccarat s’est construit une réputation mondiale en fabriquant des verres au plomb de très grande qualité, des chandeliers, des vases et des flacons de parfum.

De 1870 à 1936 :

L’ère impériale s’acheva en 1870 avec la défaite de Napoléon III. Les échanges extérieurs à la France commencèrent à avoir une plus grande influence sur le travail de Baccarat, particulièrement les importations du Japon.

Une forte croissance continua en Asie pour Baccarat, la manufacture pouvant y répondre par la mécanisation de certaines étapes de la fabrication. En 1891, 4 189 des 5 723 habitants travaillaient à la cristallerie ou vivaient avec des employés de la Cristallerie. Elle passe de 1 125 ouvriers en 1855 à 2 223 en 1900, ce qui faisait d’elle une des grandes usines françaises.

Fin XIXe siècle la maison Baccarat fait construire un dépôt, magasin de vente et atelier de bronze au sud de l’enclos Saint-Lazare, rue de Paradis-Poissonnière, actuelle rue de Paradis à Paris, aux nos 30 et 30bis. Ce dépôt comptait 246 employés en 1899. Ce bâtiment deviendra par la suite musée Baccarat jusqu’en 2003 et hébergera un temps la Pinacothèque de Paris à partir de 2003.

Un des marchés les plus forts pour Baccarat était les flacons de parfums, en 1907 la production était de plus de 4000 flacons par jour.

En 1936, Baccarat signe toutes ses pièces à l’acide ou au sablage.

Les cristalleries sont dirigées depuis 1868 par Paul Michaut, qui a été sous-directeur, administrateur-adjoint, puis administrateur-directeur, à la suite de son mariage avec la fille de jean-Baptiste Toussaint. Lui a succédé en 1883 son fils Adrien Michaut, qui a dirigé la compagnie jusqu’à son décès en 1936. Un autre de ses fils, Henri Michaut, a été administrateur et sénateur.

Paul Michaut a imprimé de sa forte personnalité les destinées de la compagnie, surtout à partir des années 1870, en ce qui concerne les transformations industrielles et les règles sociales, fondées sur un « ordre social » paternaliste et catholique, méfiant à l’égard des initiatives sociales antérieures. Son fils est à l’origine de la fondation d’une crèche (1895), d’un système de protection sociale combinant prévoyance et épargne, d’un fonds de chômage. La compagnie a d’ailleurs reçu un prix en 1889 lors de l’exposition sociale de 1889.

Depuis 1936 :

Baccarat créa une filiale américaine en 1948 à New York. En 2005 il existait 13 magasins aux États-Unis. Une rétrospective fut tenue en 1964 au Musée du Louvre pour célébrer le 200e anniversaire des réalisations en cristal. En 1994 Baccarat réalise un gigantesque lustre en cristal de 230 lumières pour son 230e anniversaire.

En 1993 Baccarat se mit à la bijouterie et en 1997 étendit son activité dans la parfumerie. En 2005, le célèbre designer Philippe Starck dessine une collection spéciale « noire » : Darkside, dont le lustre Zenith.

Verre Harcourt :

Harcourt est une collection de verres de table en cristal de la maison Baccarat. Créée en 1841, elle se distingue par une ligne simple et la mise en valeur de la forme et porte le nom de « forme gondole à triple bouton ». C’est à l’occasion de l’exposition internationale de 1925 que la collection change, comme beaucoup d’autres chez Baccarat, de nom, celui d’Harcourt, faisant référence à l’une des plus vieilles famille noble française. Ces verres sont présents sur la table de Napoléon III puis des dîners présidentiels, d’ambassades et même du pape. À partir de 2002, des designers revisitent les verres Harcourt, comme Philippe Starck qui les noircit. Pour les 170 ans de la ligne, Baccarat les décline avec des médaillons représentant Louis XV et son épouse Marie Leszczynska (le roi ayant autorisé la création de la manufacture Baccart).

Actionnariat :

En 1853, Mlle Godard-Desmarest, la riche héritière des cristalleries épouse Joseph, Dominique, Aldebert de Chambrun, philanthope inspiré par les idées de Le Play, qui n’a pas réussi à convaincre la direction de la société de suivre ses recommandations, jugées trop hardies, mais finança l’agrandissement de l’hôpital de Baccarat qui recueillit ses ouvriers les plus atteints (tuberculose, saturnisme des minionneurs, graves accidents du travail). La société restera dans la famille de Chambrun jusqu’en 1989 lorsque la Fondation Josée et René de- hambrun auquel René de Chambrun avait apporté ses actions céda au groupe Taittinger une part majoritaire du capital. Elle sera alors présidée par Anne-Claire Taittinger jusqu’en 2005.

Le groupe Taittinger céda son capital en juillet 2005 au fonds d’investissement américain Starwood Capital Group des frères Barry et Russell Sternlicht. Barry Sternlicht est l’actuel président de Baccarat.

En juin 2007, la Fondation de Chambrun et la Fondation Cognacq-Jay cédèrent respectivement 33 % et 1 % du capital de la société à Starwood Capital Group.

À septembre 2011, le capital est réparti de la manière suivante:

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/30/la-cristallerie-de-baccarat-le-prestige-francais-a-letranger/

Salière tournante haute de 17 cm de la cristallerie de PORTIEUX (France)

Verrerie de PORTIEUX (1705-2012), salière tournante haute de 17 cm. Estimation : 30 €.
Au XXe siècle :
Adrien Richard succède à Xavier Mougin comme Directeur en 1905. Il est aussi élu maire en 1900 de Portieux aux côté de 9 conseillers municipaux (sur 16!) appartenant à la cristallerie. Le maire de Portieux appartiendra d’ailleurs à la Verrerie jusqu’en 1970… En 1914, il se produit 38 000 pièces par mois, réparties sur 8000 modèles.
Le gendre d’Adrien Richard reprend la direction suite au départ en retraite de celui-ci en 1935, puis le neveu de celui-ci en 1957. En 1939, la fermeture de la verrerie est annoncée, victime de la crise économique et de l’absorption de la Tchécoslovaquie -célèbre pour son art du verre en Bohême- par l’Allemagne qui lui assure des débouchés com-merciaux mondiaux.
Elle sera finalement sauvée par le déclenchement de la seconde guerre mondiale. L’usine sera libérée en 1944 par une division du général George Patton.
En 1948, l’entreprise tente de se reconvertir dans la verrerie mécanique, avec un four à bassin: ce fut un échec, sans doute du fait de l’antinomie avec le savoir-faire quasi artisanal des verriers, dont ceux-ci voulaient préserver la noblesse. En 1960, la société est rachetée par Compagnie Française du Cristal, ce qui l’entrainera dans une spirale de décroissance qui se soldera par une faillite en 1981. La société est alors reprise par une première SCOP puis d’autres qui se succéderont avec des repreneurs extérieurs, faute de trouver un équilibre financier jusqu’en 1996.
En 2012, les fours s’arrêtent mais le magasin situé à l’usine vous accueille admirablement bien.

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Coupe « Guirlande » de Gabriel ARGY ROUSSEAU réalisée en 1925 haute de 10 cm (France)

Gabriel ARGY-ROUSSEAU (1885-1953), coupe sur pied modèle « Guirlande » en pâte de cristal translucide, brun et violine à décor de branchages, signée. Hauteur : 10 cm. Diamètre : 25 cm. Estimation : 1 500 €.

Les signatures :

Elles sont moulées dans la pâte de verre sur une ou deux lignes. Elles sont peintes sur à l’émail sur les modèles à décor émaillé. « G. ARGY-ROUSSEAU » ou « ARGY ROUSSEAU » sur deux lignes, « G. ARGY-ROUSSEAU », « G. ARGY ROUSSEAU », « ARGY » sur les plaquettes et pendentifs, « G.A.R » « G.A-R » sur les bijoux et les pendentifs. Vers 1928 « PÂTE DE CRISTAL D’ARGY- ROUSSEAU M. BOURAINE », « G. ARGY-ROUSSEAU M. BOURAINE » et « G. ARGY ROUSSEAU BOURAINE ».

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Vase à décor floral des Frères VEISSIERE haut de 7,5 cm (France)

Frères VEISSIERE (1901-1950), vase en verre à décor floral. Haut de 7,5 cm. Estimation : 100 €.

Charles et Justin Vessière ont créé en 1901 un atelier de décoration. Le magasin d’exposition et de vente était situé au 4 de la rue Saint Dizier à Nancy. Ce magasin était connu en temps que dépositaire des produits des Cristalleries de Baccarat mais aussi les propres productions des Frères Vessière.

Jusque dans les années 1950, plusieurs décorateurs formés dans les autres verreries nancéiennes, gravent à l’acide, émaillent et pratiquent la dorure dans cet atelier jusque dans les année 50. Deux générations de Vessière se succèdent au magasin de Nancy jusque dans les années 1990 et quatre au magasin de Baccarat, la cinquième génération est très active et a su s’adapter au changement de la clientèle.

Parallèlement depuis 1882, le magasin Vessière de Baccarat dispose dès son début d’un atelier de décoration réputé. Les modèles bruts ou blanc sont fournis par les Cristalleries de Baccarat, la verrerie des Frères Muller à Croismare ou les Cristalleries de Nancy avec des décors floraux gravés en camée à l’acide sur des verres multicouches ou peints aux émaux polychromes sur des verres teintés. Entre 1910 et 1930, les productions des Frères Vessière sont typiques de celles de l’Ecole de Nancy.

Le magasin Vessière de Baccarat est situé au 1 de la rue de la Division Leclerc à Baccarat (54120). Il propose également à la vente les produits de chez Daum et Lalique. Ouvert 7 jours/7: 03 83 75 10 55.

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Coupe signée Gabriel ARGY ROUSSEAU réalisée vers 1920 à décor émaillé d’un diamètre de 16 cm (France)

Gabriel ARGY-ROUSSEAU (1885-1953), coupe à corps ovoïde ouvert en verre blanc à décor émaillé d’une frise de fleurs dans des branchages. Signée. Hauteur : 5 cm. Diamètre : 16 cm. Estimation : 150 €.

De son vrai nom Joseph-Gabriel Rousseau, Gabriel Argy-Rousseau est né dans un petit village de Beauce à Meslay le Vidame (Eure et Loire),  dans une famille d’ouvriers agricoles. Il prit ce nom à son mariage en 1913, en accolant à son propre nom les quatre premières lettres du nom de sa femme Marianne Argyriadès, en hommage à son apport culturel, sentimental et familial.

Il entra à 17 ans en 1903 à l’Ecole Nationale de Céramique de Sèvres où il eut Albert Dammouse comme professeur. Les recherches d’Henri Cros, qui disposait d’un atelier mis à sa disposition dans l’enceinte de la manufacture, éveillèrent son intérêt pour la pâte de verre.

Il fit des études brillantes. Esprit vif et créatif, passionné de peinture, il s’installe dans un petit atelier au 52 avenue des Ternes à Paris.

Ses premières créations furent exposées en 1914, au Salon des Artistes Français. La guerre freinera ses créations. A partir de 1919, il développe momentanément une production en série de flacons, vases, etc .. avec succès. Les pâtes de verre décoratives qu’il produira ensuite, marqueront à toujours sa style et seront récompensées à travers de nombreux prix.

En 1921, il créée « Les Pâtes de verre d’Argy-Rousseau » dont le siège situé au 52 avenue de Ternes, sera transféré en 1923 au 9 rue du Simplon à Paris. Il sera composé de près de 30 employés. Ces pièces sont à contre-courant de la production : épuration des formes, retour de la transparence, et emploie des thèmes encore de l’Art Nouveau (faune et flore). Il emploie des pâtes aux coloris vifs, lumineux et chatoyants avec une forte tendance pour le rouge. Il utilise des moules pour la réalisation des pièces et élabore des pâtes de verre sans plomb.

Après 1931, ne disposant plus d’atelier il présente des pâtes de cristal. Le décor se stylise et plus proche dans les goûts de l’époque. Il sera récompensé en 1927 d’une médaille d’or.

En 1932, le krach américain l’oblige à ralentir son activité comme la plupart de ces confrères qui pour certains ont fermé les manufactures. Il travaille pratiquement seul, car créateur avant tout, il est. Il possède un petit atelier au 10, rue Cail à Paris. Jusqu’en 1939, il présente une petite production de qualité et en petite quantité.

Les signatures :

Elles sont moulées dans la pâte de verre sur une ou deux lignes. Elles sont peintes sur à l’émail sur les modèles à décor émaillé. « G. ARGY-ROUSSEAU » ou « ARGY ROUSSEAU » sur deux lignes, « G. ARGY-ROUSSEAU », « G. ARGY ROUSSEAU », « ARGY » sur les plaquettes et pendentifs, « G.A.R » « G.A-R » sur les bijoux et les pendentifs. Vers 1928 « PÂTE DE CRISTAL D’ARGY- ROUSSEAU M. BOURAINE », « G. ARGY-ROUSSEAU M. BOURAINE » et « G. ARGY ROUSSEAU BOURAINE ».

Son décès précéda de peu le fulgurant retour de la vogue des pâtes de verre. Oublié, ruiné et dans la douleur d’une maladie, il meurt à Paris en 1952. Son travail redécouvert aujourd’hui, lui rend justice. Ces pièces restent exemplaires de l’Art Déco.

 

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Vase Auguste HOUILLON en cristal haut de 19 cm (France)

Auguste HOUILLON (1885-1954), vase cordiforme en  cristal au décor de réserves entièrement gravées au burin. Signé « André HOUILLON 1er ouvrier de France Cristallerie lorraine Lemberg Moselle », en gravure sous la base. Hauteur : 19 cm. Estimation : 300 €.

Auguste HOUILLON est né en 1885 à Baccarat. Il rentre à 13 ans dans la célèbre cristallerie de sa ville de naissance. Il fait des études de dessin dans l’école de la manufacture. Après verrier, tailleur de cristaux puis graveur, il est affecté au service artistique avant la première guerre.

Il entre en 1921 à la Cristallerie de Nancy en tant que directeur artistique. Il produira un important et varié catalogue de pièces fourni par 500 employés. Auguste HOUILLON n’abandonne pas sa passion pour la sculpture avec une production importante de sculptures en terre cuite, bois, bronze. Il sculpte également le cristal au burin. Il est très ami avec Amalric Walter. Il conçut ainsi de nombreuses pâtes de verre. Il a réalisé également des peintures.

Après la fermeture de la Cristallerie de Nancy, il se consacra à la sculpture et rejoint une cristallerie fondée à Lemberg en 1925, suite à un conflit avec Saint-Louis.

Elle avait prospérée jusqu’à compter plus de 200 ouvriers malgré des temps difficiles. En 1937, cette cristallerie offrit à Auguste Houillon, distingué la même année « Meilleur ouvrier de France » pour ses gravures de cristaux au burin, le poste de directeur artistique tout en lui laissant sa liberté d’artiste.

Il mourut en 1954 à Nancy. On gardera de lui un savoir-faire dans la technique de gravure au burin du cristal.

Les signatures entre 1924 et 1954 :

Elles sont réalisées à la pointe ou gravées de son nom : « A. Houillon » ou « Auguste Houillon ». Egalement « AWALTER NANCY AH » pièces réalisées en pâte de verre en collaboration avec Amalric WALTER par A. Houillon. A partir de 1937 « A. Houillon 1e Ouvrier de France Nancy ». Entre 1938 et 1940 « A Houilon 1er Ouvrier de France Lemberg Moselle ».

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Vase de François-Eugène ROUSSEAU (1827-1890) & Ernest-Baptiste LEVEILLE (1841-1913) en verre à décor d’inclusions à l’imitation du cristal de roche (France)

François-Eugène ROUSSEAU (1827-1890) & Ernest-Baptiste LEVEILLE (1841-1913), vase en verre à décor d’inclusions à l’imitation du cristal de roche. Signé Leveillé Paris sur le pied. Hauteur : 19,5 cm.  Estimation : 1 200 €.

François-Eugène ROUSSEAU (1827-1890) était un marchand-éditeur parisien, spécialisé au début de sa carrière dans la faïence et la porcelaine. Vers 1867, à peu près en même temps que Gallé, il se prit de passion pour l’art du Japon et fit réaliser des services en faïence de Monteraux  japonisants en association avec un graveur, Félix Bracquemond. La même année il se mit à la verrerie en faisant appelle aux talents de Eugène Michel pour lui faire graver toute une gamme de verrerie dans l’esprit « Art Nouveau ».

En 1869, deux de ses verres peints furent achetés par le Victoria and Albert Museum. Ses verreries japonisantes produites avec le concours probable des frères Appert à Clichy, apparaîtront en 1874 à Paris à la IVe Exposition de l’Union centrale des Beaux-arts appliqués à l’industrie. En 1877, il collabore avec Alphonse-Georges Reyen. Il mena des expériences dans les ateliers des frères Appert, qui se solda par des réalisations au couleurs de plus en plus rares et précieuses.

Son atelier était situé au 43 de la rue Coquillère à Paris. Ancienne maison Duban, fondée à la même adresse, en 1753 par Louis-Picard Duban (mort en 1783), faïencier, et reprise en 1784 par son fils, Louis-François-Picard Duban, faïencier breveté, seul fournisseur de la Maison du Roi et des Princes. Joseph Rousseau (Lys 1787-Paris 1855) loue le fonds de commerce à partir de 1826. François-Eugène Rousseau succède à son père en 1856 et vend son fonds à Léveillé en 1885. Ce dernier continua à travailler dans le style de son maître, tout en l’adaptant progressivement à l’esprit fin de temps. Léveillé mourut en 1913.

Ernest-Baptiste LEVEILLE (1841-1913) est surtout connu pour ses porcelaines, mais il fera exécuter des vases d’une grande beauté.
Il est né en 1841 à Paris et devient marchand éditeur de porcelaines et cristaux. Fondateur de la maison Léveillé en 1869 au 74 boulevard Haussmann à Paris, en 1885, il fait l’acquisition de la maison E. Rousseau, marchand  éditeur de porcelaines et cristaux, et exploitation du fonds de 1886 à 1890 sous le nom de « Maison Rousseau et Leveillé réunies ». Il créé les modèles et les fait exécuter, puis graver, selon des indications très précises. Ces travaux lui valent une médaille d’or. On apprécie ses vases craquelés et gravés sur trois couches de verre.
Redevenue « E. Leveillé » à la mort de Rousseau en 1890, le magasin est transféré en 1899 au 140 Faubourg Saint-Honoré à Paris. En 1902, il s’associe avec la maison Toy, affaire de porcelaines et cristaux, sous la raison sociale « Maisons Toy et Leveillé réunies ». L’établissement sera situé au 10 rue de la Paix à Paris.
Ernest-Baptiste LEVEILLE meurt en 1913 à Vaucresson.

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Vase en verre signé DE VEZ haut de 13 cm à paysage lacustre (France)

DE VEZ (Camille Trutié de Varreux (1872-1942)), vase piriforme en verre brun et rouge à décor dégagé à l’acide de paysage lacustre. Signé. Hauteur : 13 cm.

Origines :

Charles Camille Trutié de Varreux est né le 17 novembre 1872 à Chambéry et est décédé le 18 octobre 1942 à Chambéry à l’âge de 69 ans.

Il est né de l’union de Claude Charles Trutié de Varreux né en 1837 et Capitaine au 74ème régiment de ligne (en garnison à Chambéry) et de Marie Bovet née en 1834. Il a eu 2 sœurs : Louise et Noémie.

Il a été Président de la Chambre syndicale des propriétaires de Paris (1933-) et Capitaine de réserve à l’État major. Entré à Saint Cyr, promotion Siam, il est affecté à sa sortie au 30 ème RI. 

Deux évènements vont faire de Camille Trutié de Varreux se prédestine aux cristaux. Son mariage en 1896 avec Henriette Frémy dont le grand-père est Edmond Monod, fondateur de la Cristallerie de Pantin dont elle sera cohéritière. Le second fait est l’affaire des fiches qui conduit mon grand-père a démissionné de l’armée en 1906. Comme il fallait bien qu’il nourrisse sa famille, c’est tout naturellement qu’il a pris la direction de la cristallerie du moins jusqu’à la déclaration de guerre où, évidemment, il reprit du service.

Pour ce qui est de la production de cristaux, il faut distinguer plusieurs périodes qui, de toutes façons se chevauchent, voire cohabitent durablement : celle de la création (1851 ?) et des décennies suivantes où il s’agissait de fabriquer des cristaux de table : verres, carafes, présentoirs, aiguières etc .. et une seconde, où l’on voit la cristallerie produire des vases, des abats-jours et autres lampes décorées dans la masse : c’est surtout la période  »Stumpf, Touvier, Viollet & Cie » facilement reconnaissable sur les objets produits au monogramme doré qui reprend les initiales des trois gérants de l’époque. Enfin de la création de verre sous la marque  »de Vez ».

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/01/27/de-vez-camille-trutie-de-varreux-1872-1942-cristallerie-de-pantin-france/