Archives pour la catégorie Manufacture Venini (1921-1986) a collaboré avec de nombreux artistes internationaux (Italie)

Vase de Vittorio ZECCHIN pour la manufacture de VENINI estimé 950 € (Italie)

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Vittorio ZECCHIN (1878-1948) pour VENINI, vase de forme boule à deux anses ajourées collées à chaud et col long. En verre de Murano violet et blanc pour les anses. Hauteur : 21 cm.

Vetri Soffiati Muranesi Cappellin Venini & C a pour directeur artistique le peintre Vittorio Zecchin, connaît rapi-dement le succès. Zecchin, avec ses pièces au verre fin et transparent d’une élégante simplicité, fait partie de l’avant-garde. Sa production est très différente du style décoratif alors en vogue, jusqu’ici conditionné par les goûts du XIXe siècle. Ses designs s’inspirent ainsi de la tradition verrière du XVIe siècle, réinterprétée toutefois dans des tonalités modernes.

 

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/04/23/manufacture-venini-cappellin-vetri-soffiati-mutanesi-de-1921-a-1985-italie/

Vente d’un lustre attribué à VENINI (Italie) le 15 juin prochain par la salle des Ventes Est Enchères de Metz (France)

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Ce lustre VENINI (attribué à la célèbre manufacture de Murano) est en verre fumé nervuré, à six bras de lumière, vers 1930-1940, H : 78 cm (une coupelle fêlée).

Son estimation est 250/350 €.

Il sera à vendre le dimanche 15 juin prochain à 14 h 30 à Metz, à la salle des ventes Sarl EST ENCHERES par Laurent THOMAS, commissaire-priseur judiciaire. Les frais de vente sont de 18 % TTC.

Est Enchères : 3 rue Mangin – 57000 Metz – 03 87 68 32 13. Cette salle des ventes est la plus connu de moselle.

Vous pouvez assister gratuitement aux expositions de la vente : samedi 14 juin de 14 h à 18 h et dimanche 15 juin de 10 h à 12 h  l’étude.

Détails des autres lots de la vente :

http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/belle-vente-mobiliere-ie_v29040.html/2

Articles sur la manufacture Venini :

https://leverreetlecristal.wordpress.com/2014/04/23/manufacture-venini-cappellin-vetri-soffiati-mutanesi-de-1921-a-1985-italie/

 

 

Vase créé entre 1922 et 1925 par Vittorio Zecchin de la manufacture CAPPELLIN – VENINI (Italie)

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Ce modèle a été créé entre 1922 et 1925 par Vittorio Zecchin, directeur artistique de la maison Vetri Soffiati Muranesi Cappellin Venini & C. Il correspond au numéro 1938 du catalogue de la firme.

Lorsqu’en 1925 Giacomo Cappellin et Paolo Venini décident de se séparer, les deux entrepreneurs continuent à produire cette pièce dans leurs nouvelles verreries respectives, à savoir les maisons Maestri Vetrai Muranesi Cappellin & C. et Vetri Soffiati Muranesi Venini & C. Venini conserve le même numéro pour désigner la pièce dans son Catalogo blu (catalogue commercial), tandis que Cappellin la propose sous le numéro 5348. Par conséquent, si comme dans le cas présent l’objet n’est pas signé, il devient impossible de différencier la production des trois fabriques.

Ayant connu un grand succès, ce modèle a en outre été ensuite imité par d’autres verreries, comme A.VE.M. (Arte Vetraria Muranese) qui le proposait vers 1932 dans son propre catalogue sous le numéro 151, ou encore Romano Mazzega qui le faisait figurer dans le sien vers 1932-1937. On trouve donc ce vase décliné dans toutes les couleurs, aussi bien en verre transparent qu’en verre translucide ou opaque, comme aussi quelquefois dans des versions bicolores. Son décor caractéristique, consistant en des gouttes de verre (goccioloni) plus ou moins allongées appliquées à chaud, a de plus été repris sur des modèles de formes diverses.

Vases « Fasce Sommerse » version 1991 de la manufacture de Venini (Italie)

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Après avoir été, de 1948 au milieu des années 1950, l’un des principaux collaborateurs de la maison Venini, Fulvio Bianconi travaille à nouveau à deux reprises avec le célèbre atelier vénitien : en 1967 et en 1989. C’est à l’occasion de cette dernière rencontre qu’il crée un prototype cylindrique du vase Fasce sommerse, ou Bandes immergées (son nom est tiré de la technique sommerso, consistant dans la superposition de plusieurs couches de verre de couleurs différentes). Un autre modèle polyédrique à trois côtés lui est cependant préféré. C’est la version qui sera finalement développée à partir de 1991.

Le Catalogo bianco (catalogue commercial de la maison Venini) présente ainsi deux vases distincts « en verre soufflé de grosse épaisseur, à plan triangulaire, [et avec des] bandes colorées horizontales en verre double ». L’un associe le bleu saphir au rubis, au vert, au jaune ambre et au rouge (ce qui correspond au n° 5) ; et l’autre, le vert au jaune ambre, à l’aigue-marine et au bleu saphir (n° 6). Le catalogue précise en outre que chaque exemplaire est numéroté. De cette manière l’on apprend que, si le n° 5 n’est que le 65e à avoir été produit en 1991, le n° 6 est déjà le 151e. Ces vases étant aujourd’hui toujours proposés à la vente (se référer au site internet de la firme Venini), l’on peut se faire une idée approximative de la diffusion qu’a connu ce modèle.

Les Fasce sommerse semblent avoir été conçus pour aller par paire dissemblable. C’est du moins ainsi qu’ils sont généralement présentés dans la littérature consacrée au verre vénitien.

Vase « Arado » de la manufacture Venini créé en 1989 (Italie)

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Entre 1986 et 1987, Alessandro Mendini commence à collaborer avec la maison Venini à la réalisation d’objets et de lampes. Il crée alors les vases de la série Arado, présentés dans le catalogue commercial de la firme comme soufflé(s) et façonné(s) main à cannes multicolores. Quatre modèles y sont proposés à la vente : soit en verre transparent, soit en verre translucide (surface externe meulée), et dans deux combinaisons de couleurs différentes (saphir, aigue-marine et vert, ou saphir, gris, rouge, vert et aigue-marine). Le prototype à l’origine de la série est lui aussi multicolore, mais il alterne de courtes cannes de verre (jaunes, vertes, oranges, bleues, noires et blanches), et est exécuté en verre opalin.

Selon le Musée du verre de Murano, les exemplaires en verre transparent correspondraient à la version définitive, vendue dans les années 1990. La pièce exposée serait donc plus rare, puisque produite uniquement pendant 2-3 ans (elle porte d’ailleurs la date 1989 gravée sur sa base). Demandant davantage de travail, son prix était en outre deux fois plus élevé que celui de la version transparente.

Par la suite, Alessandro Mendini a encore réalisé une dizaine de modèles pour la maison Venini, dont la série Amboise, assez proche de la collection Arado par ses motifs décoratifs verticaux. Aujourd’hui, plusieurs de ses créations sortent toujours des fours de la maison Venini (séries Arsos, Acco, Giotto, Angelo Guerriero, Grande Alzata, etc.).

Vases « Fiamme » produits en 1986 par la manufacture Venini (Italie)

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Pendant les vingt dernières années du XXe siècle, les principaux verriers vénitiens multiplièrent les collaborations avec des architectes et des stylistes. Ce fut le cas pour la réalisation de cette collection, qui vit le jour en 1986, lorsque la maison Venini s’associa avec l’architecte et designer Barbara del Vicario.

C’est en observant les effets décoratifs engendrés par certains ornements de marbre de la basilique Saint Marc à Venise, que Barbara del Vicario eut l’idée de créer les modèles de la série Fiamme. Cette dernière, composée de deux formes de vases distinctes, était disponible dans cinq combinaisons de couleurs différentes : blanc-lait, cyclamen, vert et bleu saphir ; noir, ambre, blanc-lait, rouge et jaune soufre ; blanc-lait, noir, rouge et bleu saphir ; gris clair, gris foncé, thé et jaune soufre ; et noir, gris clair, gris foncé et blanc-lait.

Le motif de flammes stylisées est obtenu grâce à la distribution particulière de cannes de verre polychromes de longueurs variées. La technique, appelée filigrana (remontant au XVIe siècle), consiste à assembler des tiges de verre en les faisant adhérer les unes aux autres lors de leur passage au four, puis à les envelopper d’une couche de verre transparent, avant que le souffleur ne leur donne leur forme définitive. Lors de la fusion, les cannes de verre se dilatent de manière inégale, selon leur couleur et leur dimension, créant ainsi des pièces uniques. Bien que certains modèles de la série se répètent, on ne trouve donc jamais deux vases identiques.

Vases « Biro » créés par la manufacture Venini (Italie)

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Les vases Biro, avec leurs vives couleurs contrastées, assez inhabituelles, sont représentatifs de la production de Laura Diaz de Santillana, et d’une période de l’histoire du verre vénitien, axée sur le retour à la polychromie et à la décoration.

Il existe trois modèles différents issus de cette série, divergents de par leurs couleurs et leurs dimensions : jaune-soufre et gris-étain (ø12 x H40 cm), vert et cyclamen (ø20  x  H28 cm), et turquoise et bleu saphir (ø28  x  H20 cm). Tous figurent dans le Catalogo bianco, catalogue commercial de la maison Venini, publié dès 1988. Ils y sont présentés comme « Verres opalino bicolores, soufflés et travaillés à la main avec un support en verre transparent ».

Lorsque la maison Venini changea de propriétaire en 1986, les vases Biro continuèrent à être produits, comme en témoigne la date 2000, gravée sous la base de plusieurs pièces visibles sur internet. Aujourd’hui, le modèle n’est toutefois plus proposé à la vente, du moins sur le site internet de la verrerie.

Vase « Pavoni » (paons) réalisé par la manufacture Venini (Italie)

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La série Pavoni (paons), créée en 1972 par Tapio Wirkkala, a été produite par la maison Venini. Elle comprend trois paires de vases et de bouteilles (de dimensions et de couleurs diverses, mais partageant un même décor à leur base) : deux vases avec filigranes gris et fond rouge (aux formats 14 x 10 x 31H et 16 x 12 x 20H) ; et quatre bouteilles (21 ou 31 cm de hauteur), disponibles soit en verre gris avec fond rouge, soit en verre paille avec fond vert, sans filigranes. Les pièces issues de cette dernière série sont extrêmement rares.

Les filigranes sont conçus à partir de cannes de verre, mêlant une couche externe transparente et une couche interne colorée. En les réchauffant côte à côte sur une plaque de métal, ces cannes fusionnent. L’élément obtenu est alors appliqué sur un objet de forme cylindrique, auquel il adhère, avant d’être soufflé et modelé.

Confronté à une tradition du verre très différente de celle qu’il avait pu rencontrer à la manufacture Karhula Iittala, le designer finlandais Tapio Wirkkala s’est adapté aux couleurs et aux techniques vénitiennes, en conservant des formes simples, typiques de la production nordique. Il influença à son tour le monde du verre vénitien, en remettant au goût du jour et en valorisant des techniques locales anciennes, alors peu usitées.

Les références à la nature sont courantes dans l’œuvre de Tapio Wirkkala. Si, dans sa production, l’usage de filigranes, avec leur graphisme linéaire, renvoie souvent aux nervures végétales, ici le nom de la série évoque davantage le plumage chattoyant des paons.

En 1980, Tapio Wirkkala a dessiné trois autres vases avec un décor similaire (filigranes et taches arrondies à la base) et des formes très semblables, mais de couleur blanche. Ils ont été proposés à la vente dès 1981 par la maison Venini. Trois verres (ou bols) et un autre vase (quasi sphérique) du même genre, avec filigranes et fond blancs, ont également été produits, mais à une date indéterminée. Toutes ces pièces ne semblent néanmoins pas faire partie de la collection Pavoni, la littérature scientifique se limitant à les désigner sous l’appellation générale verre filigrané.

Vases « Merletti » réalisés par la manufacture Venini (Italie)

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La série Merletti comprend au moins cinq vases, de formes et de dimensions variées, mais présentant toujours le même genre de motif décoratif blanc. Ce dernier est obtenu grâce à une technique d’origine nordique, intitulée merletto (dentelle). Le nom de cette collection peut d’ailleurs être interprété de deux façons différentes (ou complémentaires) : soit comme une référence à la technique employée ; soit comme un hommage à la dentelle produite sur l’île voisine de Burano.

Pour réaliser une pièce de ce type, le verrier doit d’abord appliquer une couche de verre lattimo (verre opaque de couleur blanc-lait) sur une couche de verre transparent. Grâce à la corrosion d’un acide, il modèle ensuite le verre blanc opaque de manière à faire apparaître ce décor très particulier, l’emprisonnant enfin dans une nouvelle couche de verre transparent. Ce procédé, nécessitant une phase à froid entre deux phases à chaud, est insolite à Murano (celui développé sur l’île par Archimede Seguso dans les année 1950, et également baptisé merletto, est différent). Notons qu’il existe aussi des versions (plus rares) où la couche de verre lattimo est appliquée sur une couche de verre coloré, ce qui permet de contraster avec le motif de dentelles blanc.

Si cette série était encore proposée à la vente en 1988, lors de la première impression du Catalogo bianco (catalogue commercial de la maison Venini), elle n’est aujourd’hui plus disponible sur le site internet de la verrerie.

Vase et coupe « Environnement » de Pierre Cardin réalisées par la manufacture Venini (Italie)

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À la fin des années 1960, le couturier et homme d’affaire franco-italien Pierre Cardin lance le concept d’un environnemental design. Après avoir fabriqué en série des modèles de haute couture destinés à être vendus dans de grands magasins, il crée sa propre collection d’objets pour la maison, dans l’intention d’atteindre une unité formelle entre les choses que l’on porte et les choses que l’on utilise ou que l’on regarde. Il s’adresse alors au directeur artistique de la maison Venini & C. à Murano, Ludovico Diaz de Santillana, qui dessine pour lui un ensemble de pièces en verre, connu sous le nom Environnement. Cette collection fut présentée pour la première fois à Paris en 1969, lors du défilé de mode automne-hiver Pierre Cardin.

Pour l’occasion, chaque mannequin défilait en tenant dans ses mains une pièce de la série. Cette dernière sera finalement composée de vases, de coupes, de cendriers, de chandeliers, ou encore de presse-papiers ou de bouteilles. Parallèlement, dans la même optique, Pierre Cardin fit appel à Franco Pozzi de Gallarate, pour lancer une ligne d’objets de bureau en céramique, due au designer Ambrogio Pozzi.

Le vase parallélépipédique avec bande orangée et la coupe carrée avec bande turquoise témoignent de la volonté moderniste affichée par Ludovico Diaz de Santillana. À l’époque, le style très contemporain dut cependant déplaire, puisque le résultat commercial fut décevant.

Si des pièces furent produites dès 1969, il semble que celles présentées dans cette exposition soient ultérieures à 1970. En effet, les étiquettes commerciales Venini collées sur leur paroi présentent un nouveau logo, apparu seulement en 1971 (il sera lui-même peu à peu remplacé dans le courant des années 1980 par une autre étiquette imprimée, de forme ronde).