Emile GALLE (1846-1904), Maître de l’Art Nouveau (France)

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Emile Gallé à 49 ans

On ne peut évoquer « 1900 », « l’Art Nouveau » ou « Nancy » sans évoquer « Gallé ». Le Maître Verrier Emile Gallé a toujours voulu que l’on associe sa ville natale à son nom et son œuvre. Quelques années avant sa mort, il lance « l’Alliance  provinciale des industries d’Art » dite « Ecole de Nancy » (1901), dans un souci de rassembler tous les artistes, artisans et industriels lorrains appartenant à ce mouvement artistique Art Nouveau. Emile Gallé était un poète, un savant, un industriel, un humaniste, mais surtout un génie. Toute sa vie, il l’a consacra à comprendre et créer à travers la matière : la céramique, le bois et le verre.

Une enfance préservée :

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Maison des Gallé (angle rues St Dizier/de la Faïencerie) 1888

 

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Emile Gallé à 19 ans
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Charles Gallé en 1870

Charles, Martin, Emile Gallé est né le 4 mai 1846 à Nancy d’une union en juillet 1845 entre Louis Edouard Charles Gallé (1818-1902) et Fanny Reinemer (1825-1891). Charles Gallé est peintre sur porcelaine chez le manufacturier parisien Potomié et voyageur de commerce pour le compte de la maison Bougon et Chalot de Chantilly. Le père de Fanny Reinemer est marchand de miroiterie et de cristaux.

En 1846 à la mort de son beau père, le commerce qu’il possédait à l’angle des rues saint Dizier et de la Faiencerie à Nancy devient « Veuve Reinemer et Gallé ». Associé à sa belle-mère, il saura diversifier le stock du magasin familial en ajoutant de la verrerie de table à la lustrerie. Il commande d’abord des pièces aux manufactures parisiennes de Saint Denis et de Pantin, puis travaille en sous-traitance avec Meisenthal. Charles Gallé se spécialise dans le verre de couleur, émaillé et taillé à la manière du cristal de Bohême. Le succès puisqu’à partir de 1854, on notera des commandes de verreries pour les différentes résidences de Napoléon III. En 1855, le commerce devient « Gallé Reinemer », il devient le seul responsable en 1856.

En 1867, Charles Gallé ouvre son propre atelier de gravure sur verre à Nancy. Il élargie son activité à la faïence où il s’est associé à la manufacture de saint Clément, dont il est l’éditeur, assurant ainsi la commande des pièces et leur diffusion commerciale. Touchant à plusieurs domaines techniques réunis au sein d’une même structure de diffusion, il s’est assuré la maîtrise d’un marché en pleine expansion. Après avoir été longtemps simple fournisseur de l’illustre magasin parisien « L’Escalier de Cristal », il est en mesure de le concurrencer en disposant de son propre réseau d’intermédiaires et de dépositaires. Il finira par élargir son action à l’échelle internationale, en étant présent aux grandes expositions et en recevant des médailles.

En 1858, Emile Gallé entre au lycée impérial de Nancy. Il commence à seconder son père. Très doué pour le dessin, il exécute pour les ateliers de gobeleterie et de faïences des compositions florales, ainsi que des devises et des emblèmes. L’ambiance familiale prédisposait bien à la naissance d’un talent artistique … En 1864, il devient bachelier ès lettres et par pour Weimar. Son penchant pour la botanique lui fait prendre des cours puis il passe ses loisirs à découvrir la flore lorraine, vosgienne et alpine.

L’envolée :

De 1862 à 1864, son père l’invite à parcourir l’Allemagne et l’Angleterre pour « voir et comprendre ». En 1864, il devient dessinateur dans l’affaire paternelle et afin de se familiariser avec le travail de la faïence et du verre, décide en 1866 d’aller à Meisenthal chez Burgun, Schwerer & Cie pour y acquérir la pratique du métier et surtout y apprendre la chimie verrière. En 1870, il rejoint son père à saint Clément, peu de temps puisque le 12 août les prussiens entre dans Nancy. Le retour d’Emile fut marqué par la rencontre avec Victor Prouvé et ensuite leur collaboration. Il quitte la ville pour tenter de participer à la résistance depuis Paris dans le 3e Régiment d’infanterie de ligne. En 1871, il se retrouve à Londres pour représenter son père à l’exposition « Arts de France ». Meisenthal est devenu allemande, ce qui perturbe l’accès au laboratoire et atelier de recherches s’y trouvant.

L’entreprise Emile Gallé :

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Emile Gallé à son bureau de l’avenue de la Garenne sous le regard de son épouse Henriette Gallé-Grimm

En 1874, son père lui confie la direction de son affaire. Il groupe à Nancy toutes les activités : faïencerie, verrerie, ateliers de dessins, de composition, de décor et de gravure. Le 4 avril 1875, il se marie avec Henriette Grimm (1848-1914) et s’installe au 2 avenue de Garenne  dans une grande maison construite en 1873 par son père. De style traditionnel, elle possède, 3 étages et est entourée de jardins vastes et touffus.  En 1876, il cesse toute collaboration avec saint Clément.

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« La Garenne » en 1890

 

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« La Garenne » aujourd’hui
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« La Garenne » salle à manger
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« La Garenne » salon

En 1877, la maison de cristaux et porcelaine devient l’entreprise Emile Gallé et remporte une médaille de bronze (verrerie et céramique) à l’Exposition Universelle de Paris. Travailleur acharné, il développe l’affaire en 1885 en construisant de vastes ateliers,  non seulement de faïence et de verrerie mais aussi d’ébénisterie. Emile Gallé s’y réserve au centre une pièce où il élabore les projets, dont il confie ou moins partiellement la réalisation à ses collaborateurs. Cette même année, il conclut un contrat tripartie avec la société Burgun, Schwerer et Désiré Christian qui s’engage à exécuter les commandes de Gallé, à les signer à son nom, en échange d’un volume de travail garanti. Etabli pour dix ans, il ne sera pas renouvelé.

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Les ateliers d’ébénisterie. Au 1er étage au centre, le bureau d’Emile Gallé
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Charpentier dans les ateliers Gallé 1890

 

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La Cristallerie

Plus de 300 personnes travailleront pour lui vers 1889.  Il forme des décorateurs, aménage toujours de nombreux ateliers de dessin où de nombreux modèles de nature vivante sont mis à leur disposition grâce au jardin. Lui-même envoie à ses chefs d’ateliers des aquarelles exécutées d’après nature. Mais, s’il interdit à ses collaborateurs de reproduire une fleur sans en avoir le modèle sous les yeux, il leur laisse toute liberté d’interprétation.

Emile Gallé passe en quelques années de la position de directeur artistique à celle de chef d’entreprise. Ces installations prometteuses de possibilités commerciales de développement sont accompagnées de soucis quotidiens de fonctionnement, de profit et de rentabilité. Il fait des émules. Des entreprises françaises et étrangères produisant des verreries dans le « genre Gallé » se multiplient. Il doit rester compétitif, vigilent et innovant. Il va s’employer à protéger son activité par le biais de brevets, de l’ouverture de succursales ou de nombreuses expositions.

Son ami Roger Marx l’appelait « homo triplex » à propos des matières à lesquelles Emile Gallé travaillait : terre, verre et bois.

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Il peut compter sur son épouse au quotidien pour la gestion de son entreprise et a également la possibilité de se décharger techniquement avec Emile Lang son chef de la hall depuis 1897, Albert Daigueperce son responsable du magasin parisien, et pour la création : Louis Hestaux, Paul Nicolas ou Rose Wild.

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Louis Hestaux
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Paul Nicolas
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Rose Wild

Il est un patron paternaliste. Dans les années difficiles, il refuse de se séparer de ses ouvriers. Il s’est rémunérer à leur juste valeur les plus talentueux d’entre eux. Comment pouvait-il en être autrement chez Gallé l’humaniste qui fait figurer sur le calice Le Figuier « Car tous les hommes sont les fils d’un même père, ils sont la même larme qui coule du même œil … ».

Emile Gallé et l’ébénisterie :

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Dès 1884, il manifeste son intérêt pour cette matière. L’année suivante, il décide de la création d’ateliers d’ébénisterie où il ne possède aucune expérience. En 1889,  il présente à l’Exposition Universelle 14 meubles de luxe. Il utilisera les quelques 600 essences de bois exploitées qui lui donnent la possibilité d’évoquer la moindre variation de couleur qu’offre la nature, afin de s’approcher le plus fidèlement possible de sa représentation.

Emile Gallé et la céramique :

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Il a consacré ses recherches à la céramique. Depuis le XVI ème siècle on connaît l’existence de faïenceries en Lorraine produisant des carreaux et poteries. Avant de reprendre la succession de son père, la maison Gallé a été récompensée lors de l’Exposition Universelle de 1861. En 1878, elle expose des services de table et divers objets comme des bonbonnières ou des pots à tabac. Les sources d’inspiration sont variées : style Louis XV et Louis XVI. Certaines pièces furent déclinées avec des décors différents et en tailles variées, en raison du vif succès remporté : c’est le cas pour des représentations de chats présents sur le marché pendant une trentaine d’années. Mais également pour des services de table : services Berger, Herbier qui ont obtenus une médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1884.

Ouverture de la cristallerie Gallé à Nancy :

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Les employés de la Halle de travail du verre avec Emile Gallé au centre (1897)

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Maquette usine Gallé Boulevard Jean Jaurès Nancy en 1931
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Atelier de polissage 1925

 

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Application du bitume de Judée
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Visite de Henri Boucher, ministre du Commerce et de l’Industrie au côté d’Emile Gallé  en octobre 1897

C’est le 29 mai 1894 que la mise à feu des fours a lieu avenue de Garenne. Le Nancéien devient réellement Maître de Verreries en inaugurant sa propre cristallerie. Gallé a conquis son indépendance de créateur et d’industriel. Toute son œuvre va pouvoir enfin être exécutée sur un seul et même site. Il a la possibilité d’expérimenter sur place et de confronter en permanence, en temps réel, la création en atelier de dessin et l’exécution dans ses ateliers. Les premières pièces sortent le 31 mai. La halle est pourvue d’un four à quatre pots et de dix places de verrier. La cristallerie comprend deux ateliers de décoration (gravure à la roue, gravure à l’acide et émaillage) situés dans un bâtiment de deux étages construit face à la halle dans le même style que le bâtiment de 1885 où sont installés les ateliers d’ébénisterie et de  céramique. Emile Gallé fait construire une salle d’expédition qui donne avenue de la Garenne. Il fait installer une porte en chêne massif à double battant. Exécutée par Eugène Vallin est à décor de feuilles de marronnier, elle porte la devise d’Emile Gallé : « Ma racine est au fond des bois ».

Les principaux brevets : marqueterie de verre et patine sur verre et cristal :

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Le procédé de marqueterie de verre est breveté le 26 avril 1898. Il est présenté au Salon du Champ de Mars à Paris cette même année. Les bases sont mise au point à Meisenthal. Le principe à presser des morceaux de verre coloré dans la masse, chaude et molle, du corps de l’objet, à aplanir et lisser ensuite ses morceaux et, une fois refroidis, à les graver au touret. Le risque très élevé de fêlure qu’entraînaient les chauffages répétés, faisait de la marqueterie sur verre un art coûteux, réservé surtout à des commandes spéciales ou à des pièces produites en nombre très limité.

Cependant, le succès de certains dessins et la popularité qu’ils connurent obligèrent le Maître-Verrier à les produire en série, et la marqueterie sur verre représentera l’échelon le plus élevé de sa production industrielle.

La même année Emile Gallé déposera un brevet pour un genre de décoration dit patine sur verre et cristaux. Les défauts du verre (poussières et impuretés) qui peuvent apparaître au cours du façonnage sont maîtrisés afin de devenir des éléments décoratifs.

Les techniques de travail du verre :

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Toute au long de son existence, Emile Gallé va s’attacher à enrichir ses créations, et sur le plan des techniques verrières, ses recherches seront exceptionnelles. Le verre, matériau doté de qualités infinies, permet à l’artiste de multiplier les démonstrations de son talent pour le couler, le colorer ou le graver. Les techniques utilisées sont nombreuses et toujours plus osées. Il utilisera la technique d’inclusions de feuilles d’or ou de platine ou d’applications des sels métalliques, spécialement des sels d’argent ou de cuivre, sur la surface du verre chaud. Il utilisera les émaux et pour les pièces exceptionnelles la marqueterie. Les pièces de grande qualité sont le plus souvent reprises en partie ou totalement à la roue ou à la meule. Il combine la gravure à l’acide et la gravure à la roue. Pour les pièces courantes, Emile Gallé met en œuvre de façon industrielle la technique de l’acide.

Emile Gallé, l’homme de convictions :

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Nombreuses sont les créations de pièces sur lesquelles figures une inscription, message fort qu’il invite et aide parfois à interpréter. Son éducation est entièrement orientée vers l’amour de la patrie dans un esprit humaniste, libertaire et œcuménique. Il cultive la recherche de la beauté à travers ses expéditions botaniques et ses lectures où il puise les références qu’il applique sur ses œuvres et plus particulièrement sur les verreries parlantes. Ses auteurs préférés : Théophile Gautier, Maurice Barrès et Victor Hugo. Il sera très blessé par l’annexion allemande de l’Alsace et de la Lorraine. Ce sera un thème récurant sur sa production. Dans l’affaire Dreyfus, il n’hésite pas en 1897 à s’engager, malgré les risques encourus (photo ci-dessus vase « Les hommes noirs » réalisé avec Victor Prouvé en référence à l’affaire Dreyfus) . Emile Gallé croit que l’homme peut retrouver ses esprits et s’unir pour améliorer la vie. Il participera à la création de la Ligue des Droits de l’Homme et des Citoyens de Nancy en 1989 et dans la foulée à la fondation de l’Université Populaire. C’est alors en assumant pleinement son rôle de patron puis de fondateur de l’Alliance Provinciale des Industries de l’Art (Ecole de Nancy) que Gallé s’investit et montre la voie d’une action sociale autant qu’artistique.

Les signatures des productions Gallé :

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(source F. Le Tacon « L’œuvre de verre d’Emile Gallé – édition Messene J. de Cousance Editeur)

La calligraphie des signatures Gallé présente d’infinies variations en raison des sources d’inspirations multiples : hiéroglyphes, idéogrammes chinois, caractères cunéiformes, japonais, arabes, grecs, latins, monogrammes et chiffres. Emile Gallé ne signait jamais lui-même ses œuvres. Elles étaient réalisées par les décorateurs ou les graveurs. Cependant pour les œuvres de qualité, il dessinait lui-même les modèles de signatures.

De 1867-1870 : « Gallé à Nancy » signature de Charles Gallé. Signature à l’émail ou en creux à la roue sou la pièce. Maison Gallé dirigée par Charles Gallé-Reinemer.

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De 1871 à 1876 : « Gallé à Nancy » « Gallé Nancy » signature de Charles Gallé.

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De 1877 à 1884 : « Emile Gallé » « E. Gallé » « E. Gallé à Nancy »  » E croix G »  » Emile Gallé déposé » « E. Gallé modèle dépose » « Emile Gallé de Nancy déposé » « E. Gallé de Nancy ». Signatures à l’encre et plus rarement à l’émail ou en creux à la roue sous la pièce. Maison Gallé dirigé par Emile Gallé.

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De 1885 à 1889 : même type de signatures que la période précédente à l’encre. Elle peut être accompagnée d’une citation ou de motifs. Signatures à l’encre, à l’émail, en creux ou en camée à la roue sous la pièce. Maison dirigée par Emile Gallé.

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De 1890 à 1894 : les signatures sont apposées sous les pièces et accompagnées de dessins gravés en creux à la roue rappelant le décor gravé ou émaillé du corps des pièces. On trouve une calligraphie fantaisie et portent souvent après 1892 des mentions de série : série A (pièces taillées ou gravées à la meule), série B (pièces gravées à l’acide) ou série C (pièces émaillées). Signatures à l’encre, à l’émail, en creux ou en camée à la roue ou à l’acide sous la pièce. Maison Gallé dirigée par Emile Gallé.

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De 1894 à 1904 : les signatures des œuvres à décor gravé à la roue ou en marqueterie de verre sont le plus souvent signées sans le prénom de l’artiste. Elle est apparente. Elle est gravée à la roue soit en camée, soit en creux, au simple ou double trait. Les signatures des pièces de séries gravées à l’acide ou gravées à l’acide et émaillées font apparaître que le nom. Entre 1894 et 1904, il existera plusieurs centaines de signatures pour chaque série. Signatures à la pointe ou à la roue, en creux ou en camée sur le corps de la pièce. Maison Gallé dirigée par Emile Gallé.

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De 1894 à 1897 : signature Gallé à l’encre, à la pointe, à l’acide ou émaillées, en creux ou en camée sur ou sous le corps de la pièce. Maison Gallé dirigée par Emile Gallé.

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De 1904 à 1914 : à la mort de son époux, son épouse décide d’utiliser la même signature à toute les productions quel que soit le décor.

1907-1914 : signature en camée à l’acide sur la pièce. Marque Gallé. Maison Gallé placée sous la responsabilité de Henriette Gallé-Grimm et dirigée par Emile Lang.

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De 1904 à 1906 : signature précédée d’une étoile permettant de distinguer la production posthume des œuvres réalisées du vivant d’Emile Gallé. Signature en camée sur la pièce. Marque Gallé à l’étoile. Maison Gallé placée sous la responsabilité de Henriette Gallé-Grimm et dirigée par Emile Lang.

Pendant la 1ière guerre mondiale la production n’a pas cessé, sauf du 1er août 1914 jusqu’à l’automne de cette année, avec la fermeture de la fabrique comme dans de nombreuses sociétés (déclaration de guerre).

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De 1918 à 1936 : après la mort d’Henriette Gallé-Grimm en 1914, c’est Paul Perdrizet qui prend la direction de l’entreprise. La gérance revient à Claude Gallé. Maison Gallé puis Société anonyme des Etablissements Gallé placés sous la responsabilité de Paul Perdrizet et dirigés par Emile Lang.

Claude Gallé, célibataire, est la seule des sœurs à habiter à Nancy. Elle est la gérante officielle mais la direction revient surtout à Paul Perdrizet.

La production de pièces pendant la 1ière guerre mondiale est estimée à 30 000 exemplaires.

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Vers 1925 : marque en creux et à l’acide sur la pièce. Maison Gallé puis Société anonyme des Etablissements Gallé placés sous la responsabilité de Paul Perdrizet et dirigés par Emile Lang.

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Entre 1896 et 1931 on l’estime à 1 million la production de pièces « Gallé ».

Fausses signatures ou marques :

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La Famille :

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Henriette Grimm-Gallé et Emile Gallé vers 1875
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de gauche à droite : Lucile, Claude, Geneviève et Thérèse Gallé

 

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Henriette Grimm-Gallé

La famille Gallé vers 1902.pngTrois des filles de Emile et Henriette Gallé.png

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Mariage de Thérèse Gallé et Lucien Bourgogne en 1902 à « La Garenne »
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Claude Gallé et Geneviève Gallé-Chevalier vers 1900
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Claude Gallé
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Lucile Gallé

Emile Gallé est très proche des siens, ses parents, sa femme et ses quatre filles qu’il aimait les nommer en plaisantant « ses petites galettes ». Son épouse se tient en toutes circonstances aux côtés de son mari, allant jusqu’à reprendre la direction de l’usine à la mort de celui-ci en 1904. D’origine alsacienne, c’est une femme de tempérament très cultivée. Son engagement en faveur des droits de l’homme la conduira à prendre une part active dans l’affaire Dreyfus auprès de son époux. Ils auront 4 filles : Thérèse (1878-1966), Lucile (1879-1981), Claude (1884-1950), Geneviève (1885-1966). Thérèse se mariera avec Lucien Bourgogne (1869-1944). De cette union naitra Jean Bourgogne (1903-1999) unique petit-fils d’Emile Gallé.

Photos et portraits d’Emile Gallé :

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L’après Gallé :

Emile Gallé meurt terrassé par une leucémie le 23 septembre 1904 à 6 h du matin à son domicile. Agé de 58 ans, il sera enterré le surlendemain dimanche 25 septembre à 14 h en toute simplicité et, conformément à ses vœux, sans l’apparat militaire dû à son rang de commandeur de la Légion d’honneur. Les artistes de l’Ecole de Nancy offrent une simple palme ornée de branches de chêne, brisée, dans laquelle s’ordonnaient des clématites sauvages, une jetée de roses et quelques branches de chardons de Nancy. L’inhumation a lieu au cimetière de Préville à Nancy.

Il existe aucune archives commerciales des Etablissements Gallé. Ils ont été volontairement détruites. Seuls des correspondances notamment celles de Paul Perdrizet permettent de connaître plus de détails dans la production de la manufacture.

Les Etablissements Gallé continueront à produire des verreries et des meubles de style Art Nouveau jusqu’à la fermeture de l’usine. C’est à contre courant de la mode et de l’évolution artistique vers l’Art Déco que les nancéens continueront à acheter « du Gallé ». Puis pendant quarante ans on ne parlera plus d’Emile Gallé. A l’exception de quelques amateurs avisés, bien des nancéiens se débarrasseront des Gallé en leur possession. Les anecdotes sont nombreuses. Une sellette marquetée et signée Emile Gallé est transformée en table basse …. Des vases serviront aux utilisations les plus diverses. On m’a rapporté que certains d’entres eux formés des bordures d’allées de potager …

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Ce discrédit n’impliquait pas seulement Emile Gallé, mais toute l’Ecole de Nancy. Pourtant, dès 1900, le projet de créer un musée des arts décoratifs à Nancy, dont le Maître Verrier avait rêvé, finit par voir provisoirement le jour. Il fallut attendre 1936 et le legs d’Eugène Corbin pour que le musée prenne corps. En 1953, la donation Corbin est transportée rue du Sergent Blandan grâce au soutien de Jean-Marie Roussel et d’Henri Daum. La collection est progressivement organisée sous la responsabilité de René Leblanc qui faisait fonction de conservateur sous la direction de Denis Rouart, conservateur du musée des Beaux Arts. Le musée de l’Ecole de Nancy fut inauguré le 8 mai 1954.

Depuis le regard des nancéiens sur cette époque et sur Emile Gallé a totalement changé. A la suite des expositions de 1999 organisées par la ville de Nancy, les nancéiens se sont réappropriés avec fierté « l’Ecole de Nancy ».

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